L'été sur les marchés boursiers a été plus que propice: en dépit d'une saison des résultats médiocre de part et d'autre de l'Atlantique, et d'une croissance en berne en zone euro et aux Etats-Unis, les indices boursiers ont enregistré des performances enviables, à l'image du S&P 500 qui a récemment retrouvé ses niveaux d'avant-crise.
L'explication de ce mouvement haussier estival est simple: les investisseurs s'attendent à un troisième cycle d'assouplissement quantitatif (QE3) de la FED et cette hypothèse a déjà été largement intégrée dans les cours depuis plusieurs semaines. La publication des minutes du FOMC la semaine dernière semble valider cela. Mais, attention! On remarquera que la banque centrale américaine a évoqué envisager plusieurs outils pour aider au redémarrage de la croissance, sans privilégier pour autant un QE3. En d'autres termes, on peut s'attendre à une déception des marchés.
Depuis juin, on peut constater une relation circulaire très intéressante entre les marchés boursiers, spécifiquement américains, et la politique monétaire de la FED. Certains analystes financiers considèrent que la banque centrale ne va pas se lancer dans un QE3 tant que le cours des actions restera élevé - et il l'est à ce jour! - mais le marché boursier est justement si haut car il anticipe, à tort ou à raison, un QE3. Si la FED déçoit lors de sa réunion des 12 et 13 septembre, ce qui n'est pas exclu en l'état actuel des choses, il faudra s'attendre à un risque de sell-off (ventes massives) très élevé. Le S&P 500, qui est l'indice américain qui a le mieux progressé ces deux derniers mois, pourrait subir une correction importante le ramenant dans la zone des 1360-1325 points.
Le symposium de Jackson Hole pourrait fournir quelques indications sur la démarche de la FED mais, gardons en mémoire ce qui s'est passé l'an dernier à la même époque, Ben Bernanke n'avait rien dévoilé de la stratégie de la FED alors que les marchés se répandaient en conjectures au sujet de nouvelles mesures exceptionnelles.
Par ailleurs, les indicateurs macroéconomiques pourraient offrir un catalyseur intéressant pour une correction encore plus importante. Les statistiques qui vont tomber dans les semaines à venir ne vont confirmer rien d'autre qu'une accentuation de la récession en Europe et un ralentissement plus important des perspectives pour les Etats-Unis et les pays émergents avec, en toile de fond, la persistance des tensions au Moyen-Orient et la menace toujours actuelle d'une dégradation de la note souveraine des Etats-Unis qui pourrait se concrétiser l'année prochaine une fois la nouvelle administration en place. Pour couronner le tout, le mois de septembre est traditionnellement celui où les rendements boursiers sont les plus faibles, ce qui n'incite pas à l'optimisme.