Suite au déclenchement de la plus grave crise que l’histoire ait connu depuis celle de 1929, voire même depuis l’avènement de l’économie, les grands de ce monde restent impuissants face à l’ampleur du cataclysme qui s’est abattu sur l’économie mondiale. Les politiques monétaires menées depuis des dizaines d’années favorisant la mondialisation, le développement de l’ultra libéralisme, et un capitalisme exacerbé nous ont apparemment mené droit dans le mur. En effet, le développement à grande vitesse enclenché partout à travers le monde via l’amplification du marché international a engendré des spécialisations de la part de régions, ou de groupes de pays, ainsi qu’une montée flagrante des inégalités. Mais concentrons-nous sur une région spécifique, sous le feu des projecteurs en ce moment. L’Union Européenne, accusée de vivre, et d’avoir vécu au dessus de ses moyens pendant trop longtemps et aujourd’hui au centre des attentions des marchés financiers, l’incitant à se réformer, à se renforcer, ou même à imploser.
Pour le Vieux-Continent, la crise qui secoue la planète entière depuis 5 ans maintenant, scelle véritablement la fin d’un cycle de domination sur l’histoire du monde. Si l’on regarde de plus près, tous les grands empires ont connu leurs heures de gloire, suivit par une décadence. L’Egypte des pharaons détruite par des guerres intestines et envahit par la Perse, elle même défaite par Alexandre le Grand et l’avènement de la Grèce antique, berceau de notre civilisation. Cette Grèce se fera absorber par la toute puissance romaine, qui à force de pouvoir sombrera dans l’oubli, les assassinats et l’implosion. Vint l’ère de la Chine, impulsée par les Han, avec la dynastie Ming qui prospéra jusqu’au 17ème. Ce fut ainsi au tour de l’Europe de se réveiller, et de dominer le monde tant économiquement, culturellement, et politiquement. Et ce jusqu’au déclenchement des deux guerres mondiales qui virent la montée de la superpuissance américaine qui domina le 20ème siècle. Aujourd’hui, elle même remise en question par l’émergence d’un monde multipolaire. Tous ces cycles de domination et de décadence se répètent, mais de façon plus rapide. Enterrer la vieille Europe serait faire fi de son expérience. L’Europe n’est pas parfaite mais elle est depuis sa création une zone relativement stable prônant une idéologie égalitaire, de démocratie ce qui lui valut le Nobel de la paix. « L'Union suscite de l'intérêt comme acteur de paix au-delà de ses frontières, précisément parce qu'elle est technocratique, a-nationale, a-étatique, un "machin". Comme une mini-ONU. Personne ne peut la soupçonner d'avoir des appétits de domination ou de captation de ressources. L'UE n'a jamais été, en tant que telle, une puissance coloniale. Il n'y a pas d'"Europafrique" comme il y eut une "Françafrique". L'UE n'a pas envahi l'Irak. Elle n'a pas de prétention de "gendarme du monde » pour citer un journaliste du Monde, réagissant à la récompense du Nobel. Cette Union monétaire, politique, culturelle est aujourd’hui en proie à une véritable épreuve de sa force.