banque_centrale_indienneA son tour, en dépit des démentis officiels, la banque centrale indienne pourrait céder à la tentation…Laquelle ? Celle qui a emporté presque toutes les banques centrales asiatiques, aussi bien celle de Taïwan, de Malaisie que celle de Corée du Sud. Il s'agit d'une intervention sur le marché des changes.

Un nouveau cycle d'assouplissement quantitatif étant sur les rails outre-Atlantique, la roupie indienne a toutes les chances de pouvoir à tout va son appréciation face au billet vert. Une situation qui ne peut que combler les autorités de Washington qui cherchent désespérément à relancer la croissance en misant sur les exportations.

Cependant, le dilemme pour la banque centrale indienne, communément appelée RBI, est grand, comparé à la situation du Japon ou encore de la Corée du Sud. Ces deux pays ont une large marge de manœuvre sur leur monnaie étant donné une inflation quasi-inexistante. Ce n'est pas le cas de l'Inde, pays qui lutte tant bien que mal avec une inflation galopante, qui a certes diminué, mais qui s'élève toujours à 8.63% en septembre sur un an. Un peu moins que les 10% des mois précédents mais toujours un niveau assez élevé pour avoir des répercussions désastreuses sur le prix des denrées alimentaires de base.

Céder à une intervention sur le marché des changes cause une infusion massive de liquidités dans le système, forçant généralement les banques centrales à baisser ou à maintenir leurs taux directeurs. Dans le cas d'un pays qui fait face à une hausse de l'inflation, une telle mécanique peut avoir des conséquences désastreuses en rouvrant les vannes d'une augmentation de l'inflation.

Cependant, la banque centrale, comme l'a reconnu le gouverneur Subbarao, n'a pas vraiment le choix étant donné que la volatilité et la hausse actuelle de la roupie nuisent aux performances économiques du pays. Sur les cinq derniers mois, la roupie s'est appréciée de près de 8% face au dollar, atteignant 47.60 roupies pour 1 USD.

La banque centrale n'attend, à juste titre, rien de la prochaine réunion du G20 à Séoul où la volatilité des taux de change devrait être abordée, selon les vœux du président Sarkozy. Ce sont donc des solutions nationales et non coordonnées entre pays qui sont privilégiées un peu partout, notamment en Inde.