baht-noteA l'instar de la situation qui prévaut en Colombie et dans de nombreux pays émergents, le secteur privé pèse de tout son poids sur les autorités politiques et monétaires pour qu'elles prennent les mesures adéquates afin de faire chuter le cours de la monnaie nationale face au billet vert.

La Thaïlande, connue pour être un pays très interventionniste en matière de taux de change depuis la crise asiatique de 1997, a récemment décidé, afin de freiner la hausse du baht, d'imposer une taxe de 15% sur les intérêts et les plus-values liés aux obligations thaïlandaises.

Cependant, ces mesures ont été jugées insuffisantes par le patronat qui a, dans une lettre ouverte, appelé le gouvernement à prendre de nouvelles mesures. Sept points ont été soulignés par la Fédération thaïlandaise des industries (FTI) visant à modérer le flux de capitaux étrangers entrant dans le pays et accroissant la spéculation sur la devise nationale.

Parmi les sept propositions, le patronat suggère à la banque centrale une réduction d'au moins 50 points de base du taux d'intérêt de référence, qui se situe à 1.75% et propose de prolonger jusqu'au premier trimestre 2011 au moins la réduction du taux de rachat.

Parmi les propositions secondaires, la formation d'un comité réunissant des acteurs du secteur privé et des membres de la banque centrale et du ministère des Finances afin d'étudier de nouvelles mesures pour freiner la spéculation.

Ces sept points pourraient faire l'objet de discussions entre les membres du comité de politique monétaire de la banque centrale qui doivent se réunir ce mercredi afin de décider notamment d'augmenter ou pas le principal taux d'intérêt de l'institution. Certains observateurs soulignent également que la banque centrale pourrait mettre en place une réglementation temporaire visant  à limiter l'emprunt de bath en dollars.

La marge de manœuvre de la banque centrale, pour jouer sur les taux d'intérêt, est assez large étant donné que l'inflation devrait monter à 3.2% en 2011, un niveau qui ne devrait pas provoquer de hausse trop importante des prix.

Une nouvelle fois, la célèbre phrase prononcée par le secrétaire au Trésor, John Connally, au début des années 70 – « the dollar is our currency and your problem » - est plus que d'actualité…