perouFace à l'Easing Quantitative II de la Fed, toutes les banques centrales des pays émergents sont en alerte, prêtes à réagir à un afflux massif de capitaux.

En raison d'une baisse de l'inflation au Perou, les prix à la consommation ayant chuté de 01.4% en octobre sur un mois, les observateurs s'attendent à ce que la banque centrale décide, aujourd'hui, de laisser pour le deuxième mois consécutif son principal taux directeur inchangé, à 3%.

Le Comité de politique monétaire, dirigé par Julio Velarde, doit annoncer sa décision à 17h, heure de New York.

Grâce à la chute pour le deuxième mois consécutif en octobre des prix à la consommation, le Perou est en mesure de faire une pause après avoir augmenté à cinq reprises depuis le mois de mai le taux d'intérêt, dans l'optique d'une relance de la croissance.

Le statu quo monétaire est également motivé par le plan de la Fed d'acheter jusqu'à 600 milliards de dollars de bons du Trésor, ce qui pourrait apporter  un afflux de capitaux spéculatif dans le pays, capitaux qui seraient encore plus attirés en cas de hausse des taux d'intérêt.

Pour l'instant, les économiste sont dans l'expectative, ne sachant pas très bien comment les marchés vont réagir face à la Fed.

Le neuvo sol devrait probablement poursuivre sa hausse, sachant qu'il a atteint au mois de septembre dernier son plus haut niveau depuis deux ans face à l'USD, les investisseurs usant de stratégie de carry trade pour faire des profits rapides.

Afin de freiner l'appréciation du nuevo sol péruvien, les autorités ont décidé d'agir rapidement, en augmentant les exigences de réserve sur les prêts étrangers à court terme sur sur les dépôts des banques étrangères. Par ailleurs, la banque centrale a acheté au cours des derniers mois pour près de 9 milliards de dollars sur le marché des changes afin de tempérer les gains du nuevo sol, faisant chuter au passage les réserves de la banque centrale à 43 milliards de dollars. La banque centrale a affirmé, au cours des dernières semaines, être prête à prendre de nouvelles mesures si nécessaire. Toutefois, pour l'instant, la banque centrale est plutôt dans une optique d'apaisement de la hausse que de baisse du nuevo sol, cherchant à éviter à tout prix d'imposer des taxes sur les capitaux étrangers, comme c'est par exemple le cas pour le real brésilien.

Selon Bloomberg, au cours de l'année 2010, le nuevo sol péruvien est la quatrième devise d'Amérique latine à avoir enregistré la plus forte performance, augmentant de 3.2% face à l'USD.