eurotower_350Bien qu'une aide officielle doive être annoncée d'ici à la fin du mois concernant l'Irlande, la situation s'est de nouveau tendue aujourd'hui sur le marché obligataire et sur le marché des changes.

En effet, derrière le cas de l'Irlande, qui n'est pas encore totalement résolu, pointent l'Espagne, le Portugal voire l'Italie. Les investisseurs craignent une contagion de la crise irlandaise à des pays qui souffrent déjà d'un déficit de confiance. Ces maillons faibles sont les premières victimes des tensions du marché obligataire, les Credit Default Swaps des pays de la péninsule ibérique grimpant de nouveau aujourd'hui.
Le gouverneur de la Banque d'Espagne, Miguel Angel Fernandez Ordonez, a d'ailleurs reconnu aujourd'hui que les effets de la crise irlandaise « se sont étendus » de manière « rapide » aux pays périphériques de la zone euro et qu'ils « se sont faits sentir » sur la dette de l'Espagne. Pour autant, la résistance de l'Espagne est plus importante que celle du Portugal comme l'indique la prime de risque espagnole, qui constitue un indice de la confiance des marchés, et qui est toujours en hausse en mi-séance aujourd'hui, évoluant autour de 220 points de base.

Cette tension s'est traduite sur le marché FX par une nette dégringolade de l'euro, qui est passé d'un peu plus de 1.37 dollar, le plus haut niveau atteint hier, à environ 1.3550 dollar dans les échanges européens aujourd'hui. Du fait de la liaison entre le marché obligataire et le marché des devises, l'euro répercute les craintes des investisseurs très rapidement.

L'Irlande et les pays de la péninsule ibérique ne sont pas les seuls signes d'inquiétudes pour la zone euro puisque des réprésentants de l'UE et du FMI ont annoncé aujourd'hui que la Grèce pourrait bénéficier de nouveau d'un prêt pour faire face à ses obligations. Des questions se posent de manière de plus en plus aigue concernant la capacité d'Athènes de rembourser en 2014 et en 2015 le prêt de 110 milliards d'euros qui lui a été accordé. Une piste évoquée par le FMI et l'UE est de recourir à un nouveau prêt en 2013. Le marché obligataire devrait répercuter rapidement cette mauvaise nouvelle par une hausse des taux grecs.

La chute de l'euro a été également accentuée par la publication d'indicateurs macroéconomiques décevants dans la zone euro. Ainsi, selon l'INSEE, le moral des industriels français s'est replié en novembre, perdant près de deux points, à 100 points, par rapport au mois précédent. De plus, bien que la reprise de l'économie allemande se poursuive, le ralentissement prévu par la Bundesbank est déjà perceptible, avec une hausse de 0.7% au troisième trimestre du PIB contre un saut de 2.3% au deuxième trimestre. Signe toutefois positif, la croissance semble s'équilibrer, n'étant plus tirée uniquement par les exportations.

Les bons résultats de l'indice PMI sont en revanche passés inaperçus aux yeux des investisseurs aujourd'hui. La croissance de l'activité du secteur privé en France a repris, avec une hausse de 1.9 point au mois de novembre et en Allemagne, l'indice PMI flash des directeurs d'achat est aussi ressorti en hausse à 58.9 contre 56.8 en octobre.