Drapeau-europe-300x212L'Europe, aidée du FMI, a officiellement « sauvé » l'Irlande hier mais aucun journal, aucun commentateur, ne se réjouit de ce sauvetage opéré dans les plus brefs délais. Petit aperçu de la situation des marchés financiers et des enjeux qui se cachent derrière le sauvetage de l'Irlande.

Quel plan pour sauver l'Irlande?

Le plan de sauvetage de l'Irlande a été finalisé hier à Bruxelles par les ministres des Finances de l'UE. Comme prévu par les commentateurs, l'enveloppe attribuée à l'Irlande s'élève à 85 milliards d'euros, surtout afin de renflouer le secteur bancaire du pays. La somme destinée à ce renflouement devrait s'élever à environ 35 milliards d'euros. Sur le total de 85 milliards, 22.5 seront fournis rapidement par le FMI, 22.5 par le Fonds de stabilité de la zone euro et des prêts bilatéraux accordés par la Suède, le Danemark et surtout le Royaume-Uni et, enfin, 22.5 par des prêts de l'UE.

En dépit de cette annonce qui a permis un sursaut momentanée de l'euro, les investisseurs craignent toujours un risque de contagion à d'autres pays, comme le Portugal et, surtout certains n'hésitent pas à souligner que le prêt accordé pourrait ne pas être suffisant pour relever tous les défis qui se présentent à l'Irlande, ce qui a obligé le gouverneur de la banque centrale irlandaise, Patrick Honohan, a réagir aujourd'hui lors d'une conférence de presse afin de rassurer les investisseurs.

Le Portugal s'offre un répit avant une nouvelle crise

Depuis plusieurs, les yeux des agences de notation mais aussi de Bruxelles et du FMI sont tournés vers le Portugal. Quelques heures après que le Financial Times Deutschland ait affirmé dans ses colonnes que les pays européens pressent Lisbonne d'accepter un plan de sauvetage, le Parlement portugais a adopté, après des débats houleux, le budget de l'Etat pour l'année prochaine, repoussant, du moins momentanément, le risque d'un accroissement de la crise au Portugal. L'ambition du budget présenté par le gouvernement Socrates est de réduire le déficit à 4.6% du PIB l'année prochaine alors qu'il atteint cette année 7.3%, soit nettement moins que le déficit irlandais, sachant en plus que l'Irlande doit surtout faire face à une décomposition de son secteur bancaire.

Outre l'Irlande, le Portugal et aussi l'Espagne, la crise pourrait rebondir à Chypre après la dégradation de la note souveraine du pays par l'agence de notation financière Standard & Poor's. Toutefois, un éventuel sauvetage de l'île, même s'il n'est pas encore d'actualité, ne devrait pas avoir des répercussions conséquentes sur le marché des changes, du fait de la faible importance de l'économie chypriote au sein de l'UE.

Quelles positions prendre pour l'EUR/USD aujourd'hui?

Après avoir tenté une nouvelle chute lors de la session asiatique, atteignant 1.3181, l'EUR/USD a corrigé légèrement, repassant momentanément au-dessous de 1.32, avant de rechuter de nouveau, sous l'effet de la volatilité. La pression baissière reste toujours importante sur l'euro. Une cassure du niveau de 1.3181 pourrait ouvrir rapidement la voie de 1.3100 à l'EUR/USD. Une rupture au-dessus de la résistance située à 1.3290, qui semble toutefois peu probable, pourrait permettre à l'euro quelques gains mais, fondamentalement, l'euro est baissier pour les jours à venir. Certains anticipent même un euro à 1.20 dans un proche avenir.

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Le reste de l'actualité du marché des changes

Bien que la crise européenne ait un impact majeur sur les cours du Forex, d'autres décisions ont aussi eu un certain impact aujourd'hui. Selon plusieurs responsables russes, dont Alexei Ulyukayev, la banque centrale russe, après avoir conservé la semaine dernière son principal taux d'intérêt inchangé, pourrait décider dans les mois à venir à remonter les taux directeurs. En effet, entre septembre et novembre, le ratio croissance/inflation a changé. La croissance semble désormais plus durable tandis que l'inflation pèse de plus en plus sur les consommateurs. Une hausse des taux d'intérêt aurait pour conséquence immédiate une remontée du rouble, la devise s'affichant en berne depuis quelques semaines en raison d'un repli des investisseurs sur les valeurs refuges.

Enfin, la banque centrale saoudienne, principale économie du Golfe persique, a décidé de conserver son principal taux d'intérêt inchangé en novembre, conservant son taux reverse repo à 0.25% et son taux de rachat benchmark à 2%. Le riyal saoudien n'a pas réagi à cette décision ce matin.