brsilBien que le shekel israélien ait été fragilisé par les évènements qui ont encore cours en Egypte, la devise d'Israël a connu, depuis 2010, une très forte appréciation face au dollar américain, à tel point que la Banque d'Israël a décidé de s'attaquer plus frontalement à la spéculation.

En cela, Tel Aviv suit la voie tracée par Brasilia, Santiaguo ou encore Séoul. Depuis la rentrée de janvier, la banque centrale a pris plusieurs mesures:

- Divulgation de l'identité de tous les résidents dont les achats quotidiens dépassent 10 millions de shekels

- Augmentation à 10% du montant des réserves sur les transactions en devises

- Mise en place, comme au Brésil, d'une taxe de 15% sur les opérations portant sur les devises et les obligations d'Etat à court terme à destination des étrangers

Cependant, ces mesures, qui laissent un goût plutôt amer aux brésiliens qui les ont expérimenté depuis 2008, pour certaines, risquent d'avoir un effet plutôt limité.

En effet, alors que le ministère des Finances imposent une taxe de 15% sur les opérations financières menées par des étrangers, le gouverneur Fischer a annoncé, il y a quelques jours, que le différentiel de taux entre le shekel et le dollar américain allait encore augmenter en février, la banque centrale prévoyant de porter le taux directeur à 2.25%.

Cette mesure risque vraisemblablement d'accroître l'intérêt des spéculateurs pour le shekel qui est déjà utilisé dans de nombreuses opérations de carry trade. Cependant, la banque centrale n'a pas vraiment le choix: l'inflation est en hausse et la bulle immobilière risque d'éclater à tout moment, faisant chuter la croissance dans la foulée alors qu'elle a atteint 3.7% en 2010. Ce petit coup de pouce de la banque centrale pourrait avoir des effets dévastateurs sur les entreprises exportatrices israéliennes qui possèdent un levier politique très important à la Knesset et au sein du Cabinet.