drapeau_bresilLe chef d'Etat brésilien, Dilma Rousseff, a pris de nouvelles mesures afin d'enrayer la progression du real brésilien face à l'USD sur le marché des changes, progression qui a atteint 39% depuis la fin de l'année 2008.

Décision fut prise par Brasilia d'imposer une taxe de 6% sur les ventes et prêts d'obligations internationales ayant une maturité pouvant aller jusqu'à un an selon le décret officiel publié hier. Les entreprises paient déjà une taxe de 5.38% sur les prêts allant jusqu'à 90 jours mais aucune taxe n'existe pour les opérations qui vont au-delà.

Ce mouvement du Brésil n'est pas unique en soi pusique de très nombreux pays, notamment en Amérique latine, qui achètent des dollars afin de freiner l'appréciation de leur devise ont augmenté les taxes sur les achats d'obligations par les étrangers. Le ministre des Finances du Brésil, Mantega, avait d'ailleurs inscrit ce contexte particulier dans une « guerre des devises » dont le Brésil serait l'une des principales victimes. A l'instar du Brésil, la Corée du Sud a pris il y a quelques semaines des mesures similaires.

Dans une conférence de presse à Brasilia, le ministre des Finances brésilien a laissé clairement entendre que le gouvernement pourrait, à l'avenir, prendre des mesures supplémentaires, notamment concernant les prêts dont la maturité est supérieure à un an.

La taxe ne concerne pas uniquement les entreprises mais aussi les banques qui transfèrent des crédits moins chers à leurs clients lorsque la banque centrale lève les taux directeurs.

Réaliste, le ministre a conclu son intervention en affirmant que le taux de change du real brésilien ne devrait pas être influencé, dans l'immédiat, par cette nouvelle mesure puisque des facteurs externes doivent être pris en compte. Toutefois, le Brésil escompte qu'à moyen terme des effets positifs seront déjà perceptibles. Dans un tel contexte, il est toujours très difficile de juger de l'efficacité d'une politique menée.

Surtout, ce que n'a pas mentionné Mantega, le Brésil fait face à une hausse très importante de l'inflation qui est actuellement à son plus haut niveau depuis l'automne 2008. Ces pressions inflationnistes sont, en partie, la conséquence d'un afflux de capitaux spéculatifs mais pas uniquement. Conscient de ce danger, le gouverneur de la banque centrale a souligné, il y a quelques jours, que l'institut d'émission pourrait prendre prochainement de nouvelles mesures afin de ralentir les crédits à la consommation. Une nouvelle hausse des réserves obligatoires des banques est donc prévisible selon les économistes.