Leszek_Balcerowicz_1_large_large-largeAvec l'Allemagne et le Royaume-Uni qui soutiennent Paris, il est fort probable que l'Europe présente la ministre Christine Lagarde comme candidat unique pour occuper le poste de directeur général du Fonds Monétaire International, succédant ainsi à un autre français, Dominique Strauss-Kahn.

Cependant, l'Europe a largement d'autres ressources, surtout parmi les récents entrants. Il suffit simplement de nommer Leszek Balcerowicz, considéré comme l'homme du renouveau économique polonais et qui pourrait postuler comme candidat des pays d'Europe de l'Est pour le FMI.

Biographie

- Né en 1947 à Lipno

- Formation d'économiste à Varsovie

- Ministre des Finances de 1989 à 1991 puis de 1997 à 2000

- Banquier central de 2001 à 2007

- Membre du G30 et Professeur à la Warsaw School of Economics

Ses atouts

Son expérience des situations de crise et son talent pour les gérer devraient être incontestablement des atouts pour la candidature de Balcerowicz au FMI. Il est surtout très connu pour la thérapie de choc qu'il a infligé à son pays immédiatement après la chute du communisme en Pologne. Comme dans tous les pays de l'ex-bloc soviétique, la Pologne s'est engouffrée en 1989 dans une vague d'hyper-inflation, le taux d'inflation grimpant à plus de 60%.

Parmi les principaux points des réformes Balcerowicz:

- la mise en faillite des entreprises étatiques non rentables

- l'interdiction de financer le déficit budgétaire par la banque centrale ou de recourir à la planche à billets

- limitation des salaires, notamment dans les entreprises étatiques

- l'ouverture de la Pologne aux investisseurs étrangers

- la convertibilité du zloty

Les premiers effets réels des réformes Balcerowicz furent perceptibles en 1992, après le départ du ministre. Ces réformes ont incontestablement permis de sauver la croissance de long terme du pays et de poser les bases d'un tissu économique monderne ce qui a permis à la Pologne de résister notamment à la crise économique et financière mondiale en 2008.

Son principal handicap

Etre de l'Europe de l'Est, c'est à dire ne pas soulever l'enthousiasme de l'Europe de l'Ouest et des américains, et avoir un bilan qui est assez polémique dans certains cercles. Bien que la majorité des économistes salue les réformes engagées par Balcerowicz au début des années 90, son bilan est encore très critiqué en Pologne. Certains partis populistes et hommes politiques, notamment Andrzej Lepper, l'ont notamment accusé d'avoir jeté au chômage plus de 20% de la population polonaise. Cependant, de nombreux spécialistes considèrent que ce chiffre correspond surtout à un taux de chômage qui existait déjà à l'époque communiste mais qui était dissimulé via, par exemple, les fermes collectives.

Certains économistes de notoriété internationale sont aussi assez sévères avec Balcerowicz, à l'image de Joseph Stiglitz qui, il y a peu, prédisait la fin de l'euro. L'économiste américain a ainsi affirmé que l'arrêt des réformes Balcerowicz a permis à la Pologne d'éviter le sort de la Russie qui fut livrée, selon lui, au capitalisme sauvage à cause des conseils de Jeffrey Sachs.