billets_en_eurosLe dollar américain a commencé la journée en baisse, pour la deuxième séance consécutive, face à l'euro et au yen, pénalisé par des prévisions pessimistes concernant l'économie des Etats-Unis. Reprenant du terrain, l'euro s'échange désormais au-dessus de 1.42 alors qu'en début de semaine la monnaie unique était autour de 1.39. En revanche, la crise de la dette européenne aidant, l'euro n'est pas parvenu pour le moment à se redresser face au franc suisse, chutant de 0.2% à l'ouverture des échanges en Asie.

Les devises asiatiques semblent toutefois bien se porter au fur à mesure d'une atténuation de l'aversion au risque ce qui a permis au dollar néo-zélandais et au won sud-coréen notamment d'accumuler des gains conséquents au cours des dernières séances.

Nouvelles inquiétudes sur l'économie américaine

Plusieurs sondages font état aujourd'hui de l'annonce de mauvais indicateurs macroéconomiques américains. Avant que le rapport du Département du Commerce ne soit publié, les économistes s'attendent à ce que les dépenses de consommation se soient ralenties à 0.5% en avril, soit la plus faible hausse sur les trois derniers mois. Surtout, un autre sondage laisse entendre que les ventes de maisons en suspens pourraient avoir dégringolé de 1% le mois dernier, ce qui devrait être confirmé dans la journée par la National Association of Realtors.

Selon plusieurs analyses du marché des changes, ces mauvais indicateurs attendus pourraient accentuer la tendance à la vente du dollar surtout face aux devises à fort rendement et face au yen. Par ailleurs, la Fed pourrait aussi être tentée d'envisager un troisième cycle d'assouplissement quantitatif si les indicateurs économiques américains confirment un ralentissement de la reprise. Dans cette optique, une fragilisation du dollar américain face à la monnaie unique européenne serait inévitable au cours de l'été.

Une Union Européenne dans l'expectative

Si l'euro a repris du terrain face à un dollar américain particulièrement faible, ce n'est en tout cas pas  encore le cas face aux autres valeurs refuge. La crise souveraine, qui peine à trouver un dénouement, continue d'agiter les investisseurs. L'annonce du versement d'une nouvelle tranche par le FMI, hier, à la Grèce, au cours du mois prochain n'a strictement rien changé à la donne. Cependant, il semble assez clair que, bien que l'euro soit désavantagé par cette crise, les investisseurs paraissent avoir intégré dans leur stratégie d'investissement une dégradation de la situation sur le terrain de la dette. Par conséquent, aujourd'hui, ce sera certainement plus le rapport de la Commission Européenne sur le sentiment des consommateurs et des dirigeants d'entreprise qui va peser sur les premiers échanges européens. A toutes fins utiles, il est attendu en baisse à 105.7 selon les économistes de Bloomberg.

L'Asie et l'Océanie en hausse


D'un point de vue assez global, les principales monnaies de la région Asie/Océanie ont affiché de bons gains aujourd'hui, à l'image du kiwi et du won sud-coréen. Le NZD a atteint son plus haut niveau face à l'USD depuis mars 2008 suite à l'annonce du ministre des Finances English selon laquelle un fonds souverain chinois serait extrêmement intéressé d'acheter des obligations gouvernementales néo-zélandaises. D'autres pays de l'Asie, comme Singapour, ont aussi exprimé un tel intérêt. Depuis plusieurs années, la Chine cherche à réduire sa dépendance aux bons du Trésor américain dont la fiabilité est de plus en plus douteuse.

Le won sud-coréen a gagné 0.6% face à l'USD à la clôture des échanges à Séoul suite à l'annonce d'un excédent des comptes courants qui est le plus élevé depuis près de quatre mois, ce qui a fait atteindre un plus haut de deux mois à la devise coréenne. Cette annonce confirme la forte capacité exportatrice du pays en dépit de l'appréciation du won au cours des derniers mois.