japonTokyo a annoncé la fin de près de 25 mois de déflation en annonçant que les prix à la consommation, exclusion des produits frais, ont augmenté en avril sur un an de 0.6%. Cependant, sur la même période, les ventes au détail ont chuté de 4.8%. Cette hausse de l'inflation est surtout le résultat du rationnement énergique résultat des évènements du 11 mars et, plus globalement, de la hausse du prix des matières premières au niveau mondial. A titre d'exemple, au cours des six derniers mois, les prix du brut ont augmenté de 20% ce qui a obligé de nombreux pays asiatiques à relever les taux.

L'optimisme du gouvernement japonais n'est toutefois pas partagé par tous. Ainsi, dans la foulée de la publication des chiffres de l'inflation, l'agence de notation financière Fitch a abaissé la perspective de la note du Japon en raison de l'absence de plan de consolidation budgétaire plus consistant et crédible. Les experts de Fitch ont par ailleurs souligné que le Japon n'est peut-être pas encore sorti définitivement de la spirale déflationniste, soulignant que les consommateurs de l'archipel sont toujours à la recherche de produits moins chers.

Le gouvernement devrait, vraisemblablement, avoir beaucoup de mal à restaurer la confiance des marchés puisque le Premier ministre Naoto Kan apparaît très fragilisé, même dans son propre camp, le Parti Libéral Démocrate (PLD). Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, Naoto Kan va devoir affronter cette semaine un vote de confiance qui reflète directement la perte de crédibilité du Premier ministre dans la gestion de l'après 11 mars et de la crise nucléaire qui a résulté du tremblement de terre et du tsunami. Le Premier ministre devrait, en raison de la répartition des sièges au Parlement, rester en fonction à l'issue de ce vote mais la contestation devrait enfler au sein de son parti, réduisant ainsi substantiellement ses marges de manoeuvre. A terme, il pourrait être poussé à la démission.