Edito2Encore candidate mais déjà assise dans le fauteuil de Directeur général du Fonds Monétaire International, la ministre Christine Lagarde doit quitter ses fonctions, probablement d'ici à la fin du mois de juin, une fois que son élection aura été, sans surprise, officialisée. Déjà, les manoeuvres politiques vont bon train, dans la perspective des prochaines échéances électorales. Plusieurs noms circulent pour la remplacer à la tête d'un ministère stratégique en période de crise, à savoir François Baroin, le postulant légitime, Anne-Marie Idrac, la ministre sur le retour, ou encore Valérie Pécresse, la fidèle parmi les fidèles.

Parmi eux, peu ont le profil requis pour le poste. François Baroin, bien que connaisseur du ministère, accumule les DESS mais dans des domaines assez loin de l'économie. Anne-Marie Idrac fait un peu mieux en pouvant se targuer d'une solide expérience dans le secteur privé. Enfin, Valérie Pécresse peut faire valoir son passage à HEC. Tous cependant manquent de vision stratégique de long terme aussi bien pour affronter la crise souveraine qui pénalise la zone euro que pour redémarrer l'économie française et, surtout, faire enfin baisser le chômage.

Tous ont pour point commun d'être des femmes ou hommes politiques de carrière qui n'ont jamais exprimé une vision économique pour le pays. Même François Baroin qui, pourtant, avec son portefeuille actuel de Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'Etat, aurait pu promouvoir des idées originales afin de réduire le déficit de la France.

Les ministres administrent, mettent en oeuvre, surpervisent mais n'impulsent pas. Il ne pensent pas. Evidemment, l'impulsion vient d'ailleurs, des cabinets ministériels, de Matignon ou de l'Elysée. Cependant, en cette période de crise, et bien que des élections approchent, ne serait-il pas plus judicieux de nommer un expert à un poste stratégiquement clé plutôt que de chercher à flatter les composantes de la majorité présidentielle. Il n'est nullement question de retour à l'ouverture à la société civile du gouvernement mais tout simplement de savoir. Comme disait Georges Stigler en 1961, « Savoir est pouvoir ». A fortiori lorsqu'il s'agit d'économie.

Un geste fort du Président serait de ne pas tenir compte des contigences politiques afin de nommer, à la tête du Ministère de l'Economie et des Finances, un technocrate, un expert, renouant ainsi avec l'esprit qui a marqué la naissance de la Cinquième République. La compétence et non l'appartenance politique devrait guider les choix du Président.