orLes records s'accumulent pour les valeurs refuge dans les premiers échanges alors que l'UE a décidé de se réunir jeudi prochain afin d'aborder le cas de la Grèce et d'établir les modalités d'un deuxième plan d'aide au pays. Alors que l'euro s'affichait sous la barre de 1.41 USD et proche de 111 JPY, la devise des 17 a atteint un plus bas face au CHF à 1.1404 franc pour un euro. Le franc suisse, en raison de sa crédibilité sur les marchés financiers, continue d'attirer les investisseurs pendant cette période anxiogène. Toutefois, la forte baisse au cours des dernières séances soulève l'inquiétude au sujet de la paire EURCHF et une intervention de la BNS ou un rebond du cross n'est pas à exclure. A terme, c'est toutefois la baisse qui devrait l'emporter, avec un canal de fluctuation qui pourrait conduire la paire vers 1.1250 dans les prochains jours. Le mouvement baissier de l'EURUSD devrait, parallèlement, se poursuivre et s'accentuer au fur à mesure de l'approche du sommet européen ce qui pourrait conduire la paire aisément vers 1.3800. Un rebond, bien qu'il soit peu probable, pourrait permettre à l'euro de revenir vers 1.4300.

Bien que le franc suisse soit une valeur à acheter en ce moment, l'attitude de la Banque centrale suisse laisse la porte ouverte à une intervention c'est pourquoi des achats en ce moment semblent un peu risqué. A l'inverse, un report sur le marché des métaux précieux peut s'avérer intéressant alors que tous les signaux sont au rouge. L'once d'or s'achète en ce moment à 1600.10 dollars, dernier record atteint en milieu de matinée. En franchissant le seuil de 1600 USD l'once, l'or semble avoir toutes les changes de gagner au moins 20 USD au cours des cinq prochaines séances.

La situation semble se dégrader d'heures en heures en Europe. Les tests de résistance bancaire ont, une nouvelle fois, essuyé un vent de critiques impressionnants, comme ce fut le cas en 2010 déjà. Alors que les tests soulignent que les banques européennes doivent seulement 2.5 milliards d'euros, plusieurs études circulent sur les marchés financiers et tablent, au bas mot, sur plusieurs dizaines de milliards d'euros, jetant une nouvelle fois le discrédit sur l'Europe. Une étude de JPMorgan Cazenove, jugée plus réaliste, table ainsi sur des besoins de refinancement de près de 80 milliards d'euros qui concernerait notamment les principales banques françaises comme Crédit Agricole ou BNP Paribas et aussi des géants européens comme Deutsche Bank ce qui a provoqué ce matin un fort recul des valeurs bancaires sur les places européennes.

La crispation des investisseurs est aussi perceptible sur le dossier grec. Bien que la chef de la diplomatie américaine ait affirmé le soutien des Etats-Unis à Athènes dimanche dernier, les investisseurs craignent que l'Europe s'oriente vers un défaut de paiement, au moins partiel, ce qui ouvre la porte à de nombreuses incertitudes. L'Europe semble, au demeurant, partir partagée à ce nouveau sommet, l'Allemagne militant très clairement pour que les créanciers privés soient associés à ce nouveau plan, une solution qui ne fait pas encore consensus. Par ailleurs, Angela Merkel a de nouveau plaidé pour une agence de notation européenne, sur le modèle de ce qu'ont fait les chinois, une idée qui avait pourtant été rejetée en début d'année par la BCE. Dans tous les cas, l'Europe devra absolument rassurer sur la cohésion du système euro et sur la monnaie des 17 en cas de défaut de paiement partiel de la Grèce, en incluant notamment des mesures de soutien de la part de la BCE et des banques centrales nationales. La semaine s'annonce très tendue et volatile, c'est pourquoi nous conseillons vivement de bien placer vos stop loss.