EditoContraint et forcé, le gouvernement français, qui a un temps redouté de perte le triple A de la dette à long terme de la France, a suivi ses homologues de la zone euro afin d'engager un plan de réduction du déficit. Plan clairement moins ambitieux qu'en Italie mais la situation est certes différente puisque la pression des marchés financiers est moindre sur la France.

L'austérité n'est pas encore au rendez-vous avec un plan a minima qui prévoit simplement de dégager 12 milliards d'euros sur deux ans afin de ramener idéalement le déficit à 3% en 2013.

Le gouvernement Fillon a annoncé un panel de mesures qui ont pour point commun de surtout conduire à une hausse des impôts et des charges. Si la droite a applaudi, la gauche a surtout critiqué,  à raison.

Bien que Ségolène Royal ne soit pas connue pour son talent d'économiste, tout le monde ne pouvant prétendre avoir le bagage intellectuel de Dominique Strauss Kahn, son analyse du plan anti-déficit de la droite est extraordinairement lucide.

On aurait en effet souhaité un plan qui s'accompagne aussi de mesures de relance économique car, réduire les déficits, sans relancer la compétitivité de la France, c'est amoindrir à terme nos ambitions économiques internationales.

Surtout, le gouvernement aurait eu fort à raison de proposer une taxe bancaire qui va être mise en place dans d'autres pays et qui rencontre un certain écho au niveau européen. Après tout, le secteur bancaire a profité des largesses de l'Etat en pleine crise afin d'éviter, si ce n'est un effondrement, une situation assez désagréable pour le secteur. Conséquence de l'aide apportée aux banques, le déficit s'est accentué.

Enfin, les augmentations d'impôts et de charges n'auraient pas dû empêcher le gouvernement de s'attaquer à un problème structurel inhérent au fonctionnement de l'Etat, c'est à dire les gaspillages, les passes droit, les incohérences bureaucratiques, les commissions coûteuses sans réelle fonction, bref le train de vie de l'Etat français. Un plan de réduction des déficits n'auraient pas dû choisir la voix, plus facile, de la taxation sans même essayer de réformer l'Etat dont le fonctionnement coûte cher, trop cher.

Au moins, les augmentations d'impôts annoncées ne risquent pas de brider la croissance. Point déjà positif.

On regrette enfin que la communication du chef de l'Etat, autrefois si prompte à mettre en scène le pouvoir vis à vis de l'opinion, n'ait pas opté pour plus de symbolisme via par exemple une baisse des salaires de l'ensemble du gouvernement et du chef de l'Etat. La politique n'est-elle pas, justement, l'art aussi de montrer l'exemple?