D1709BB1Comme chaque année, le magazine Global Finance distribue les bons et les mauvais points aux banquiers centraux en les notant selon une échelle comprise entre "A" et "F", rappelant le système scolaire américain. Près de 36 critères sont pris en considération dont la capacité à contrôler l'inflation, à stimuler la croissance, à maintenir la monnaie stable ou encore à gérer les taux d'intérêt.
 
Seuls six banquiers centraux ont reçu cette année la note "A": le gouverneur de la RBA Glenn Stevens, le gouverneur de la Banque d'Israël Stanley Fischer, maintes fois récompensé, le gouverneur de la banque centrale du Liban Riad Salameh, le gouverneur de la banque centrale de Malaisie Zeti Akhtar Aziz, le gouverneur de la banque centrale des Philippines Amando Tetangco Jr et enfin le gouverneur de la banque centrale de Taïwan Fai-Nan Perng.
 
Au fond du classement figurent certains des banquiers centraux qui ont le plus d'influence au niveau mondial dont:
 

Ben Bernanke, USA, note "C"
 

Comme l'année dernière, les critiques fusent au sujet de la gestion par Ben Bernanke de la politique monétaire américaine, le débat se focalisant notamment sur le recours au programme d'assouplissement quantitatif dont, certains de ses détracteurs soulignent qu'il a pour conséquence d'accroître l'inflation. Pire, les mesures exceptionnelles de la Fed n'ont pour l'instant pas porté leurs fruits, spécifiquement sur le terrain de l'emploi où le chômage est toujours à 9%.

Andras Simor, Hongrie, note "C"
 

Inconnu du grand public, Andras Simor (ci-dessous) a eu une politique monétaire peu en accord avec la situation économique de la Hongrie. Ses détracteurs lui reprochent de maintenir des taux directeurs trop élevés qui ne correspondent pas aux fondamentaux de l'économie hongroise, à savoir une inflation largement sous contrôle et une croissance très faible à cause de la crise. andras simor_mnb
 

Massaki Shirakaw, Japon, note "C"
 

Les détracteurs du gouverneur de la BoJ lui reprochent principalement son incapacité à influer sur le taux de change du yen, en dépit d'interventions nombreuses et coûteuses. Il faut toutefois mettre à son compte que la gestion du yen est totalement dépendante de la résolution de la crise de la dette en Europe, une crise sur laquelle le Japon n'a aucune prise.
 

Kim Choongsoo, Corée du Sud, note "C"
 

La banque centrale de Corée du Sud semble incapable de gérer les pressions inflationnistes dans le pays alors que la cible officielle de 4% sur un an pourrait être largement dépassée. Selon certains experts, la hausse des prix pourrait atteindre ou même dépasser la hausse du PIB cette année. Les efforts et mesures prises, jugées insuffisantes par les marchés, n'ont pas porté jusqu'à présent.
 

Abdullah Bin Saud Al-Thani, Qatar, note "C-"
 

Encore une fois, c'est l'inflation incontrôlable qui est pointée du doigt par le magazine Global Finance, ce qui a contraint plus tôt cette année le gouvernement du Qatar à lier le riyal au dollar américain, une décision qui fut jugée par le FMI "appropriée".
 

Mercedes Marco del Pont, Argentine, note "D"  images
 

Successeur de l'ancien gouverneur Redrado, qui a dû démissionner à cause d'un conflit ouvert avec le gouvernement, Mercedes Marco del Pont (ci-contre) est présentée depuis sa nomination comme une proche de la présidente Kirchner. Son bilan à la tête de la banque centrale est jusqu'à présent très mauvais, d'où sa dernière place dans le classement de Global Finance. La politique de la banque centrale a produit une forte inflation, au-dessus de 20%, et des taux d'intérêt négatifs qui sont dangereux pour les banques ce qui a conduit l'agence Moody's a placé le secteur bancaire argentin sous perspective négative il y a peu.