untitled.jpgLa devise américaine n'a cessé de décliner cette semaine sur le marché des changes, notamment face à l'euro qui a successivement passé la barre de 1,38$ puis, continuant sur sa lancée, celle de 1,40$ vendredi, profitant notamment des craintes des investisseurs quant à l'augmentation de la dette publique américaine, estimée à 13% du PIB pour l'exercice en cours. Bien que le président Barack Obama, par la voix de son porte parole, Robert Gibbs, ait tenu a rassuré les investisseurs, démentant la possibilité d'une baisse de la note des Etats-Unis, le sort réservé cette semaine au Royaume Uni par l'agence de notation Standard & Poor's reste encore dans les esprits.

Pour autant, ce n'est pas tant les inquiétudes relatives à la dette publique américaine, qui est un sujet épineux en soi mais loin d'être nouveau, que le repli de l'aversion pour le risque sur le marché des devises qui a porté un coup à la devise américaine lors des séances de cette semaine. En effet, les investisseurs semblent tentés de plus en plus à se reporter sur les valeurs jugées à risque, notamment l'euro et les devises des pays émergents.

La monnaie unique européenne est évidemment la première bénéficiaire de ce mouvement, ayant notamment capitalisé sur une hausse de l'indice PMI cette semaine, ouvrant des espoirs de reprise économique dans la zone euro.

Surtout, le fait majeur est certainement le retour en masse des investisseurs dans les marchés des pays émergents, marchés qu'ils avaient pour la plupart déserté au plus fort de la crise afin de protéger leurs actifs en les libellant en dollar ou en yen.

En fait, deux raisons concomitantes plaident en faveur d'un retour des investisseurs sur les marchés émergents : d'une part, il s'agit de signes d'une reprise économique, notamment au Brésil et, d'autre part, cette reprise économique plus précoce que prévu semble s'appuier sur la hausse du cours des matières premières, notamment du prix du baril de pétrole.

Ainsi, les bourses de Sao Paulo ou encore de Moscou continuent d'enregistrer de bonnes performances, portées par les cours des matières premières, et le real brésilien ainsi que le rouble, une devise qui était pour certains analystes encore au bord du gouffre en janvier, accumulent les gains face aux autres monnaies, à tel point que le président russe peut ambitionner de faire du rouble une devise de réserve internationale.

Le Brésil semble être le fer de lance de cette nouvelle conquête, le real brésilien étant porté depuis le début de l'année par l'entrée massive de capitaux dans le pays. Ainsi, sur la semaine qui s'est écoulée, le real brésilien s'est apprécié de 3,59% face au dollar, sur un mois de 7,07% et de 13,61% depuis janvier 2009. De tels chiffres contrastent évidemment fortement avec ceux de l'année précédente, année pendant laquelle le real brésilien avait perdu près de 27% de sa valeur face au dollar.