yen_dollar.jpgLors des dernières semaines, les valeurs jugées à risque sur le marché des changes ont connu une forte augmentation. Cependant, cette semaine a marqué un revirement de tendance important, les investisseurs commençant à accumuler les doutes sur une éventuelle reprise économique. Bien que le G8 ait reconnu des signes de stabilisation évidents, les grands de ce monde ont également souligné que des risques pèse éventuellement sur la reprise économique mondiale, adoptant le même discours tenu le week-end précédent par Jean Claude Trichet.
L'euro
– La monnaie unique européenne a connu une mauvaise semaine. A l'exception de jeudi, séance pendant laquelle l'euro a grimpé au dessus de 1,40 dollar sur le marché des changes conforté par l'indice élargi de la bourse de New York, le Standard & Poor's 500, l'euro s'est affiché en baisse face au dollar et au yen. Les mauvaises performances se sont accumulés et les investisseurs redoutent que cette tendance ne se poursuive lors des semaines suivantes. Au demeurant, le Fonds Monétaire International a revu à la baisse les prévisions de croissance pour la zone euro tandis que l'organisation internationale a revu à la hausse celle des Etats-Unis, contribuant à accentuer la tension entre l'euro et le dollar.

La livre sterling – La livre sterling a évidemment été victime du retour de l'aversion pour le risque des investisseurs. Excepté jeudi, la devise britannique s'est affichée en baisse. En effet, à ce moment là, la livre sterling avait profité du statut quo de la Banque d'Angleterre et de sa volonté de poursuivre son programme anti-crise lors des prochains mois.

Le yen – La devise nippone est incontestablement la grande gagnante de la semaine, enregistrant notamment un plus haut depuis le mois de mai face à l'euro et depuis le mois de février face au dollar. En dépit d'une chute record des prix de gros sur le marché intérieur nippon au mois de mai, la devise nippone a continué d'accumuler des gains face à toutes les devises, notamment les devises émergentes et le dollar.

Le dollar – La devise américaine a évidemment profité du climat régnant sur le marché des changes,  toutefois un peu moins que le yen. En revanche, le cours de la devise américaine n'a pas réellement été perturbé par la volonté française et chinoise affichée au G8 réuni en Italie de diversifier les devises de réserve internationale. Sur le moyen terme cependant, le poids de la dette devrait freiner les investisseurs prompts à acheter du dollar, ces derniers pouvant se reporter sur d'autres monnaies jugées plus sûres.

Le dollar australien – Bien que le dollar australien reste l'une des devises les plus prisées du marché des changes et que l'Australie a toutes les chances de sortir de la récession avant bon nombre d'autres pays, les perspectives à moyen terme du dollar australien se sont brusquement assombries. Du fait de la chute du prix des matières premières et du recul de l'aversion pour le risque, le dollar australien pourrait redescendre aux alentours de 0,75 dollar sur le forex. En effet, il semblerait que la Chine ait freiné son appétit dernièrement pour les matières premières et les inconnues pesant sur la reprise économique mondiale ont tôt fait de jouer en défaveur du dollar australien. Enfin, plus épisodique, l'imbroglio entre Rio Tinto et Chinalco qui s'est soldé cette semaine par l'arrestation pour espionnage d'employés du groupe anglo-australien a également pesé sur le taux de change du dollar australien, ce dernier reculant notamment face au yen.