015traders_468x387.jpgUn récent article publié sur le Blogfinance a mis en évidence un phénomène qui touche de plus en plus le monde des traders : l'addiction aux drogues. Le débat en France fut ouvert en pleine affaire Kerviel par Jacques Attali dans un éditorial de L'Express en date du 12 février 2009 : “ Le trader cocaïnomane ne met jamais en doute ses propres décisions, des décisions de plus en plus erratiques, il persiste dans des investissements absurdes puis sombre dans le pessimisme, la dépression, la paranoïa et la panique”.

Jusqu'à présent, le débat était plutôt tabou en France : les golden boys, avant d'être cloués officiellement au pilori par les Chefs d'Etat et de gouvernement du G20, étaient adulés pour leur réussite professionnelle. Certes, le roman American Psycho de Breat Easton Ellis donnait à voir l'image d'un monde où drogue, sexe et alcool sont omniprésents.

Cependant, bien souvent, cette image ne semblait pas coller à la réalité. D'ailleurs, l'écrivain Eric Reinhart qui a dressé un portrait saisissant du monde des traders dans le roman Cendrillon n'hésite pas à affirmer que “la plupart de ceux que (qu'il a) rencontrés sont de sages matheux, pères de famille, d'apparence banale”.

Un tel portrait constrate avec de nombreux ouvrages rédigés par d'anciens traders qui n'hésitent pas à surfer sur cette vague. En témoigne notamment le livre Cityboy, confessions explosives d'un trader repenti de Geraint Anderson. Dans ce livre, il dresse un portrait sans appel de la place financière londonienne où drogue et corruption cohabitent sans peine.

Malheureusement, un tel portrait semble correspondre, au moins dans les grandes lignes, à la réalité. Selon Bloomberg, plusieurs médecins londoniens s'inquiètent notamment de la dépendance croissante aux drogues des banquiers et traders de la City. Ce phénomène s'est d'ailleurs amplifié avec la crise financière qui a accru l'anxiété des traders. Le psychiatre Philip Holey, interrogé par Bloomberg affirme ainsi que “la consommation abusive d'alcool ou de cocaïne est ancrée dans la culture de la City : vous travaillez dur, vous misez gros et vous êtes récompensés par des bonus faramineux”.

Dans un premier temps, selon les études, les traders s'adonnent à la cocaïne afin d'accroître leur performance et d'être en éveil 24h/24. Outre cet objectif, nombreux sont les traders aussi à la recherche de sensations fortes qui peuvent être fournies par les drogues, ces dernières agissant sur la dopamine, “l'hormone du bien être”.

Enfin, preuve de l'expansion du marché, le gramme de cocaïne a fortement chuté en l'espace de quelques années à la City, passant de 70 livres à environ 40 livres de nos jours. Nouvel exemple de la fluctuation des prix sous l'effet de la loi de l'offre et de la demande!