newsletter_icon.jpgCette semaine, les devises à faible rendement ont repris le dessus à la faveur d'une baisse des marchés actions et de la crainte d'un revirement de la conjoncture outre-Atlantique. La paire EUR/USD a particulièrement suivi l'évolution des places financières mondiales dont le repli s'est accentué au fur à mesure des séances. Le cours de la paire a évolué tout au long de la semaine entre 1,48 et 1,50 dollar sans que l'euro ne parvienne à franchir le seuil de 1,50 dollar, provoquant la déception des investisseurs. De son côté, la livre sterling a souffert cette semaine encore de la publication de mauvaises statistiques, ce qui lui a fait perdre du terrain face au billet.

Seules les valeurs refuge ont réussi à consolider leur position sur le marché des changes cette semaine en raison de la publication d'indicateurs macroéconomiques plutôt mitigés. Ainsi, à titre d'exemple, l'euro s'est incliné de plus de 150 pips face au yen et la livre sterling de plus de 300 pips. Les investisseurs du marché des changes ont été très inquiets des nouvelles sur le front économique américain qui ont souligné que la reprise de l'activité économique américaine se fait en pointillé. Le secteur de l'immobilier reste particulièrement fragile comme l'ont souligné les mises en chantier de logements. Le président américain Barack Obama, de retour d'une tournée en Asie, a rajouté aux inquiétudes en soulignant qu'en cas de perte de confiance dans l'économie américaine, celle-ci pourrait de nouveau sombrer dans la récession.

Les inquiétudes perceptibles cette semaine sur le marché des devises ont permis au dollar de consolider sa position et de retrouver son statut de valeur refuge. Le dollar a également été porté par les propos de Ben Bernanke et de Jean Claude Trichet. Le premier a affirmé en début de semaine lors d'une adresse au Club économique de New York que la Fed suit attentivement l'évolution du taux de change du dollar. Il a toutefois « minimisé le degré de faiblesse du dollar, en notant qu'elle ne représentait qu'un essoufflement de la demande en valeurs refuge ». De tels propos ont été immédiatement salué par Jean Claude Trichet qui a ajouté que « l'euro n'a pas été créé pour lutter contre le dollar » ou pour se substituer à lui mais pour « parachever le grand marché européen ».

Enfin, le retour de l'aversion pour le risque s'est également répercuté sur le marché des matières premières avec une chute de l'or noir et du gaz naturel. Seul l'or continue toujours son ascension, gagnant sur la semaine plus de 2% grâce à de bonnes performances lors des journées de lundi et de mercredi. L'once continue de capitaliser sur la faiblesse du dollar, les achats d'or effectués par les banques centrales et aussi l'annonce de John Paulson de lancer un fond spécialisé dans l'or. La hausse de l'once emmène dans son sillage tous les métaux précieux. Ainsi, l'argent gagne plus de 5% sur la semaine tandis le platine continue sa hausse, mais toujours en dessous de son record de 2008, établi à plus de 2500 dollars.