2010.jpgAlors que l’année 2009 se termine, les analystes se préparent déjà à l’année prochaine, 2010. Si la violence et la rapidité du rebond sur les marchés financiers en 2009 a surpris la plupart des observateurs, ceux-ci s’attendent à une année 2010 très différente. La reprise espérée sera probablement plombée par un niveau de dette sans précédent. A terme, la croissance des économies développées, en particulier les pays de l’OCDE, restera anémique à moyen et peut être même à plus long terme.

Les prévisions pour les cinq prochaines années se limitent pour les pays du G-20 se limitent à seulement 1.5%, soit largement sous la moyenne. En revanche, dans les pays émergeants, au premier rang desquels la Chine et l’Inde, on s’attend à une croissance annuelle moyenne d’environ 6.5%. Grâce à ces pays, la croissance globale devrait arriver au niveau de 4%, moins qu’entre les années 2003 et 2007, mais malgré tout, raisonnable et meilleure qu’en 2007 et en 2008. 

Quels sont les risques qui pèsent sur l’économie internationale ?

D’une part, le risque de voir à nouveau une catastrophe financière globale comme on l’a vécu en 2008 semble être très limité mais en revanche, on ne peut exclure des « poches » de crise, comme on vient de le voir par exemple à Dubaï. De tels problèmes peuvent se reproduire, et se reproduiront probablement, ailleurs dans le monde. On a vu ce qui se passe en Grèce, et les pays d’Europe de l’Est ou les pays baltes pourraient connaître de gros problèmes.

Les taux d’intérêts resteront bas dans la première moitié de 2010, avant qu’on commence probablement à voir une hausse de ces taux dans le courant du second semestre de l’année, et encore, de manière lente été progressive. Des taux faibles continueront de favoriser le marché des actions, faute d’alternatives.

Une autre grande question concerne évidemment l’USD. Les décideurs économiques européens et japonais sont très inquiets de la faiblesse persistante du dollar, qui cause un préjudice conséquent aux exportations étrangères vers les Etats-Unis. Le problème est que la tendance de fond qui pousse à la dépréciation de l’USD ne semble pas encore s’être inversée. Pour qu’on voie un tel changement de tendance, il faudrait que les flux de capitaux s’inversent et que de l’argent rentre massivement aux Etats-Unis, ce qui n’est pas encore le cas.

Les marchés financiers ont connu une année 2009 surprenante, qui leur a permis de récupérer la majorité de leurs pertes de 2008. En regardant vers l’avenir, on se pose malgré tout la question de la poursuite de ce rallye en 2010. Cette poursuite dépendra d’une part de la politique des taux d’intérêts des banques centrales, en particulier celle de Chine, d’autre part de l’arrêt de l’aide de la Fed et de la BCE à la liquidité des marchés, sans oublier les problèmes géo-politiques, surtout en provenance de l’Iran.

Dans le domaine des matières premières, on a assisté ces derniers mois à un rallye exceptionnel de l’or, qui a battu record après record. Aux niveaux de prix que l’or a maintenant atteint, on estime cependant que l’intérêt d’un investissement dans le métal jaune s’est considérablement affaibli. Il est conseillé aujourd’hui de se concentrer dans d’autres métaux, comme par exemple le cuivre ou l’argent, qui offrent de meilleures perspectives, parce qu’ils ont moins monté.

La dernière question, qui trouble le sommeil des investisseurs, est de savoir si on est en train de revivre la création d’une bulle spéculative, qui est définie par des positions avec un levier important et des valorisations des avoirs poussées vers le haut. Vu le processus de qui s’est produit ces deux dernières années, on ne voit pas de positions avec beaucoup de levier et les valorisations semblent être encore raisonnables. En revanche, si le rallye se poursuit encore quelques mois, on risque fort de rentrer dans une situation dangereuse, particulièrement en Asie, avec des estimations de valorisations trop élevées.