grce.jpgLa Banque Centrale Européenne a pris aujourd'hui une décision sans surprise en maintenant son principal taux directeur inchangé à 1%. Les investisseurs ont pleinement conscience que la réunion de mars serait nettement plus cruciale que celle d'aujourd'hui, l'institut d'émission pouvant éventuellement décider de bouger ses taux.

La conférence de presse de Jean Claude Trichet, qui a suivi la décision du comité de politique monétaire, fut toutefois l'occasion pour le chef de la banque centrale de faire le point sur les perspectives économiques pour la zone euro. Il s'attent à une croissance modéré, constatant que les situations sont très disparates d'un pays à l'autre dans la zone euro. Certains pays s'en sortent mieux que d'autres, avec en fin de cortège les cas problématiques du Portugal et surtout de la Grèce.

Interrogé sur une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, il a jugé cette hypothèse tout simplement ridicule, reprenant presque mot pour mot les propos tenus il y a quelques jours par le Premier ministre grec. Jean Claude Trichet a appelé les pays en difficulté à prendre rapidement des mesures pour restaurer la confiance des investisseurs, se focalisant notamment sur la réduction des déficits. De vastes réformes sont à l'heure actuelle en gestation en Grèce, visant notamment à mettre un terme à la fraude fiscale généralisée qui détruit les finances du pays.

Toutefois, la Grèce ne pourra pas compter sur l'aide de la Banque Centrale Européenne en cas de détérioration de la situation, Jean Claude Trichet rejettant fermement la possibilité de venir en aide directement à un Etat membre de la zone euro.

La monnaie unique européenne n'a pas vraiment été fragilisée par les propos de Jean Claude Trichet même si elle s'affichait en recul en milieu d'échanges européens. Ce recul s'explique principalement par la publication de mauvais chiffres outre-Atlantique qui ont terni le climat de confiance sur le marché des changes. En effet, contre toute attente, les ventes de détail ont baissé aux Etats-Unis au mois de décembre et les inscriptions hebdomadaires au chômage ont crû plus que prévu pour la semaine se terminant le 9 janvier en raison, selon le département du Travail, de licenciements saisonniers importants.

Enfin, la Chine n'a pas tardé à répliquer aux attaques lancées par le nouveau commissaire européen au Commerce, le belge Karel De Gucht. Ce dernier avait posé clairement comme problème la sous-évaluation du yuan qui a permis à la Chine de devenir le premier exportateur mondial, devant l'Allemagne. Pékin a défendu sa politique de taux de change, rappelant que le « maintien de la stabilité du renminbi est importante non seulement pour le développement économique de la Chine mais aussi pour l'économie mondiale ».