newsletter_icon.jpgLa semaine qui vient de s'écouler sur le marché des changes a pris de court de nombreux opérateurs qui ne s'attendaient certainement pas à un retour si rapide de l'aversion pour le risque. En effet, les mauvaises nouvelles se sont accumulées cette semaine, détournant les investisseurs des valeurs jugées à risque. Les devises les plus touchées furent évidemment les dollars des antipodes, dont la capacité de rebond reste toutefois intacte, et l'euro qui inquiète de plus en plus les analystes.

La décision de la Chine de limiter l'accès au crédit, même si elle n'a pas vraiment surpris les observateurs, à donner le ton de la semaine. Les autorités chinoises cherchent à éviter une surchauffe de leur économie et pourraient décider prochainement un resserrement monétaire. Les investisseurs craignent que cette limitation de l'octroi de crédit se répercute sur la demande de matières premières et pose un défi important aux principaux fournisseurs de l'Empire du Milieu, c'est à dire l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Cette décision a jeté un froid sur les places financières mondiales, poussant les investisseurs à se replier sur les valeurs refuge, c'est à dire le dollar américain et le yen qui ont nettement tiré leur épingle du jeu cette semaine.

La monnaie unique européenne a connu une mauvaise semaine, accumulant les handicaps. Outre les inquiétudes concernant la Chine, la zone euro a essuyé la publication de mauvais indicateurs macroéconomiques, notamment l'indice ZEW qui a fait touché un plus bas à l'euro, et continue de se débattre avec les problèmes financiers et budgétaires de la Grèce et du Portugal. Histoire de noircir un peu plus le tableau, Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a laissé entendre lors d'une intervention à Vienne que la forte proportion de prêts en devises en circulation en Europe Centrale menace la stabilité financière de la région.

Pour conclure la semaine sur une note encore plus négative, la proposition de Barack Obama, présentée jeudi, afin de réguler davantage le secteur bancaire américain a fini de déprimer les investisseurs. Plusieurs mesures phares, qui devront passer le filtre du Congrès, ont été présentées par le président américain qui cherche à redorer son blason après des mois difficiles et la perte par le parti démocrate du siège du défunt sénateur Ted Kennedy. Wall Street et toutes les places financières internationales ont réagi très négativement, finissant la séance de jeudi dans le rouge. La monnaie unique européenne, qui est corrélée à l'évolution des bourses, a essuyé cette nouvelle attaque, évoluant vendredi matin aux alentours de 1,41 dollar.

Enfin, afin d'entamer le week-end sur une note un peu plus positive, Israël a fini l'année 2009 dans le vert, contredisant les prévisions du gouverneur de la banque centrale Stanley Fischer. Alors que ce dernier s'attendait à une chute du PIB de 1,5%, le pays a connu une croissance de 0,5%. Pour 2010, la banque centrale prévoit une croissance comprise entre 3,5 et 4%, celle-ci reposant essentiellement sur les hautes technologies et les technologies environnementales. Toutefois, le pays fait aussi face à une flambée de l'inflation qui a forcé en janvier la banque centrale à relever ses taux pour la troisième fois depuis la fin de l'été.