newsletter_icon.jpgL’aversion pour le risque a fait son retour cette semaine sur le marché des changes. Les places financières n’ont pas dissimulé leur scepticisme : les indices ont affiché des performances hebdomadaires négatives pour la troisième semaine consécutive tandis que les devises jugées à risque, notamment l’euro et les dollars des antipodes, ont perdu du terrain face aux valeurs refuge sur le marché des changes.

Alors que les banquiers centraux ont tout mis en œuvre pour relancer l’activité économique, de nombreuses statistiques mitigées continuent d’être publiées presque quotidiennement, pesant sur le moral des investisseurs. Cette semaine, des nuages provenant du secteur immobilier américain ont assombri les marchés, les ventes de logements pour le mois de décembre sortant en baisse par rapport aux attentes des économistes.

De plus, les inquiétudes autour de la dette des Etats ont continué à peser sur la monnaie unique européenne, celle-ci atteignant un plus bas depuis près de six mois face au billet vert en fin de semaine à la suite de la publication d’un rebond du PIB américain au quatrième trimestre.

La Grèce, le Portugal, mais aussi l’Irlande et l’Italie sont des pays dans le collimateur des agences de notation. La pression a été particulièrement intense cette semaine sur le Portugal alors que le gouvernement socialiste présentait le budget pour l’année 2010. La situation financière de nombreux Etats membres de la zone euro devient un sujet de préoccupation important des économistes et des investisseurs. Les responsables européens ne se voilent d’ailleurs pas la face, à l’image du ministre des finances suédois qui a déclaré lors du sommet économique mondial de Davos que le cas de la Grèce ne représente que la face visible de l’iceberg.

Les inquiétudes autour de la dette des Etats membres de l’euroland ont totalement voilé certains résultats économiques encourageants en Europe, notamment l’indice IFO du climat des affaires outre-Rhin qui est ressorti nettement en hausse.

Outre la monnaie unique européenne, la livre sterling fut l’autre grande perdante de la semaine. Alors que le Royaume-Uni est enfin sorti de la récession en enregistrant une hausse de 0,1% de son PIB au quatrième trimestre 2009, la livre sterling a perdu beaucoup de terrain face aux autres devises tout au long de la semaine. Le coup fatal fut infligé toutefois par l’agence de Standard & Poor’s qui a affirmé que le pays a perdu son statut de plus stable système bancaire global. Suite à ces propos, la devise de Sa Majesté a commencé une dégringolade importante face à l’euro et au dollar.

Dans un contexte d’aversion pour le risque et de repli des cours des matières premières, notamment de l’once d’or, les dollars des antipodes ont enregistré de très mauvaises performances sur la semaine, les investisseurs s’inquiétant par ailleurs d’une réduction de la demande chinoise afin d’éviter une surchauffe de son économie.

Enfin, les investisseurs ont poussé un grand « ouf » de soulagement suite à la reconduction de Ben Bernanke à la tête de la Réserve Fédérale. L’opposition républicaine, qui a reproché à Bernanke de ne pas avoir assez régulé le secteur bancaire avant son explosion, n’a finalement pas fait obstruction à sa reconduction. Même si, en effet, son comportement avant la crise peut être critiqué, le fait de maintenir à son poste Ben Bernanke rassure les investisseurs qui n’apprécient pas un changement de personne et probablement de stratégie à la tête de la banque centrale en période de reprise économique fragile.