franc_suisse.jpgPlus de 3% face à l'Euro, plus de 4% face au GBP, plus de 5% face à l'USD... la discrète star de ces six derniers mois, c'est le Franc suisse. Certes, il a récemment perdu du terrain face à l'USD, mais le phénomène lourd semble être de retour: la monnaie helvétique semble reprendre son statut de monnaie de refuge, perdu il y a déjà longtemps. La crise aurait donc fait du bien au dernier franc européen.


En dépit de plusieurs interventions, la BNS, la Banque Nationale Suisse, n'a pas pu empêcher l'appréciation de la monnaie nationale. Comme dans d'autres pays, comme en Asie ou en Israël, il est d'ailleurs intéressant de constater que la BNS  a pris le parti des exportateurs face aux consommateurs, soi-disant « pour soutenir l'emploi ».

La question est bien sûr de tenter d'analyser la cause de cette appréciation face aux devises majeures. En réalité, on a souvent tendance, et c'est normal, a se concentrer sur l'USD et l'Euro. Il est clair que ce sont les deux devises les plus importantes de la planète. On mesure donc souvent la force de l'une par rapport à l'autre. Mais la réalité du marché des changes est que les deux monnaies sont actuellement faible par rapport aux autres. Par exemple, pour prendre de nouveau le cas d'Israël, le shekel s'est renforcé à la fois par rapport à l'Euro et à l'USD, passant ces six derniers mois d'environ 4 shekels pour un dollar à 3.74 et de plus de 5.50 Euros pour un shekels à 5.12.

Le shekel est d'ailleurs exemplaire de plusieurs autres monnaies asiatiques et du franc suisse, qui montrent tous la même tendance: en dépit des interventions des banques centrales, la devise nationale poursuit son appréciation face aux devises majeures.

La raison en est bien entendu claire et limpide: au contraire des pays de la zone euro, du Japon ou des Etats-Unis, qui croulent sous les dettes et les programmes gouvernementaux néfastes, les pays émergents, et dans une moindre mesure la Suisse aussi, ont fait preuve de responsabilité. Leurs politiques monétaires et fiscales sont plus conservatrices, ils ont moins de dette, et les gouvernements se sont moins impliqués dans l'économie. A ce titre, le célèbre investisseur suisse Marc Faber a d'ailleurs estimé la semaine dernière dans les colonnes du quotidien suisse « Le Temps » que les investissements dans les marchés émergents étaient désormais moins risqués que ceux dans les pays développés.

Pour revenir sur le CHF, la Suisse, relativement épargnée, a donc un profil plus attractif, et ce, en dépit du peu d'intérêt d'un investissement en CHF, qui rapporte 1.97% par année pour un placement sûr sur 10 ans, contre plus de 3% pour un placement en euros ou en USD.

Dans ce sens, on peut dire que le CHF a donc retrouvé son statut historique de valeur-refuge, aux côtés de l'or, et son comportement est d'ailleurs assez corrélé à celui du métal jaune.

En fait, on se trouve aujourd'hui dans une situation pratiquement sans précédent: aucune des des devises majeures ne plaît vraiment aux investisseurs. Outre les problèmes des Etats-Unis et des pays du sud de l'Europe, en particulier, qui plombent l'euro, on connaît les problèmes du Japon, de la Grande Bretagne, qui se débattent également dans une situation difficile. Dans cet environnement, les investisseurs privilégient donc des monnaies moins importantes.

Parmi elle, la plus significative est donc le CHF, mais on souvent l'occasion de mentionner le NOK, la DKK et le SEK, les devises scandinaves, ou encore le dollar de Singapour, le shekel israélien, le dollar canadien, le Réal brésilien ou les devises convertibles asiatiques.

Dans cet environnement, nous ne pouvons que conseiller un investissement de moyen-terme dans ces monnaies, et y compris dans le CHF, qui devrait aller en direction des 1.47 CHF pour un euro.

De toute façon, il ne faut pas oublier vos stops !