axel_weber.jpg- Les négociation dans l'Union européenne continuent. La Grèce est sommée de couper plus vite et plus profondément dans son budget.

- Axel Weber devrait être le prochain Président de la BCE.

- Sur le marché des devises, peu de développements notables.

- Les actions sur les marchés asiatiques sont en légère hausse.


Hier, le Ministre grec des finances, Georges Papaconstantinou, s'est plaint du fait que son pays « se trouve dans une situation terrible; la remettre sur les rails serait comme changer la trajectoire du Titanic». Il a aussi dit que « le secteur public n'était plus sous contrôle ».

Les personnes ayant entendues sa comparaison sont restées bouches bées: le ministre n'a-t-il pas vu la fin du film et ne connaît-il pas la fin du célèbre bateau? Est-ce vraiment cela qu'il s'attend voir se passer en Grèce? Ceci dit, cette attitude est en fait à notre avis extrêmement positive: pour la première fois depuis très longtemps, et peut-être pour la première fois de l'histoire, un ministre grec des finances fait preuve d'honnêteté, une qualité par ailleurs extrêmement rare parmi la classe politique, où que se soit. 

A ce titre, si le peuple grec ne fait pas preuve de réalisme et n'accepte pas les mesures nécessaires pour se redresser, peut-être faut-il simplement laisser le pays faire faillite, une bonne fois pour toutes. Les conséquences seront déplaisantes, c'est une évidence, mais c'est peut-être la seule opportunité de leur faire comprendre que rien n'est gratuit dans ce monde et qu'on ne peut pas indéfiniment se comporter de manière irresponsable sans en payer le prix. Aider la Grèce ne ferait que repousser le problème et l'empirer, tout en ancrant la poursuite de l'irresponsabilité dans la conscience grecque.

A Bruxelles, et ailleurs aussi, le débat sur la Grèce se poursuit.

D'un côté, et c'est de leur côté que nous nous situons, se trouvent ceux comme l'ancien économiste en chef de la BCE, Otmar Issing, qui a publié un article très cité et très important dans le Financial Times sur la nécessité absolue de ne pas sauver la Grèce.

De l'autre côté, on trouve malgré tout des personnalités politiques qui ont une opinion différente. Après l'ECOFIN hier, c'est maintenant Jean-Claude Juncker, le Premier Ministre luxembourgeois, qui a fait dans le populisme de bas étage et qui s'est emporté contre « les marchés », comme s'il existait une espèce de conspiration de l'ombre contre la Grèce. Il a même rajouté que « les marchés se trompent s'ils pensent qu'ils peuvent détruire la Grèce ». On vit en plein délire.

Bref, dans cet environnement presque apocalyptique, heureusement, la multiplicité des pays de l'UE empêche de prendre des décisions de sauvetage de la Grèce, et c'est au contraire les appels à couper dans les budgets publics grecs qui se multiplient.

Sur un autre front, la réunion de l'ECOFIN à nommé le Portugais Vitor Constancio pour succéder à Lucas Papademos au poste de Vice-Président la BCE. Cela ouvre probablement la voie à Axel Weber pour prendre les reines de la Banque Centrale européenne quand Trichet voit son mandat se terminer, à l'automne 2011.

En Asie, les marchés ont fermé avec une tendance non uniforme à la hausse alors que les marchés américains étaient fermés hier.

Sur le marché des devises, on n'a pas enregistré de grands changements sur les paires principales. A la fois l'EUR/USD, l'EUR/JPY ou les paires scandinaves sont restés stables.

Du point de vue technique, le prochain support de la paire EUR/USD est à trouver au niveau le plus bas de 2010, pour l'instant, soit 1.3532.

Aujourd'hui, on attend les chiffres du ZEW, qui devraient être en baisse. Si cela se confirme, cela devrait continuer à changer la perception de l'Euroland des analystes dans un sens négatif, et donc peser sur l'Euro. On attend aussi les données du TICS américain pour décembre, et au vu de l'appréciation significative du billet vert, on attend avec curiosité de voir si ce mouvement a été soutenu par des mouvements de capitaux.

En novembre, les flux avaient été forts et une répétition de cette tendance pourrait pousser la paire EUR/USD encore plus bas. Finalement, l'inflation anglaise est attendue en hausse de 3.5% en rythme annuel en janvier. On suivra donc avec intérêt les paires liés au GBP.

Ce qui est clair, c'est que les marchés sont clairement en attente de direction, qui viendra peut-être de la politique. Il faut donc redoubler de prudence et bien tenir des stops stricts, pour éviter de se faire emporter par les marchés.