livre20sterling20or2x.jpgMauvaise séance pour la livre sterling et l’euro. Les deux devises ont considérablement décroché face au billet vert lors de la séance d’aujourd’hui. L’euro n’a pas réussi à capitaliser sur les rumeurs parvenant de Berlin tandis que la livre sterling a connu l’une de ses pires séances depuis le début de l’année, enfonçant le plancher de 1,50 dollar pour la première fois depuis dix mois.

Les inquiétudes autour de la dette de la Grèce demeurent en dépit des tentatives de l’UE pour rassurer les investisseurs. La Grèce se trouve dans une situation inquiétante, faisant face à une impossibilité de se financer en l’état actuel des choses tandis que l’agitation sociale connait un paroxysme. Ce week-end, la ministre des Finances, Christine Lagarde, a tenté de rassurer en affirmant dans la presse qu’elle croit fermement que la Grèce va sortir par le haut de cette crise, soulignant au passage que Paris est prêt à aider le gouvernement d’Athènes. C’est surtout à Berlin que semble se jouer l’avenir financier de la Grèce. Plusieurs rumeurs font état de pressions de la part du gouvernement d’Angela Merkel sur les banques allemandes afin qu’elles achètent de la dette grecque, avec garantie de Berlin. Les européens réclament toutefois de nouvelles mesures à la Grèce. Ainsi, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, à demander des mesures supplémentaires afin de faire baisser le déficit. L’euro fait l’objet à l’heure actuelle d’une crise de confiance sur les marchés qui devrait durer longtemps. Il est probable que l’euro remonte légèrement dans les prochaines semaines, profitant d’une aide de la part de l’UE à Athènes qui lui permettrait d’éviter la faillite. Toutefois, ce pansement ne devrait pas permettre aux investisseurs de revenir vers la monnaie unique européenne, sachant que derrière la Grèce se cache le spectre de la péninsule ibérique voire de l’Italie. La presse s’étale d’ailleurs depuis des semaines sur les situations budgétaires de ces pays tandis que les agences de notation financière accentuent la pression.

La crise de confiance a aussi atteint la livre sterling qui a connu une séance horrible aujourd’hui, mettant un frein à la remontée de la devise de Sa Majesté depuis le début de l’année 2010. Un mauvais sondage pour les conservateurs a fait chuter la livre sterling face à l’euro et au dollar. En milieu de journée, la livre sterling a ainsi perdu plus de 2% face au billet vert, rappelant les mauvaises heures du raid de George Soros sur la monnaie britannique en 1992. L’incertitude entourant le résultat des élections et surtout la politique monétaire qui va être suivie dans les mois qui viennent a indéniablement influencé la chute de la livre sterling. Toutefois, nombreux sont les analystes qui font valoir que cette chute était prévisible. Les finances publiques du pays sont dans un état désastreux et le Royaume-Uni risque de perdre son triple A cette année si le gouvernement ne parvient pas à redresser la barre. Plusieurs rumeurs circulent sur le marché des changes. L’une d’elle laisse entendre que Jim Rogers, l’un des anciens partenaires de Soros, aurait prédit depuis plusieurs mois cette dégringolade de la livre sterling. Le même homme avait prédit cet automne que l’once d’or pourrait atteindre 2000 dollars d’ici à dix ans. L’intéressé a démenti les propos qui lui sont attribués, notamment ceux comparant la livre sterling au dollar zimbabwéen, comparaison qui n’a certainement pas dû plaire à Alistair Darling et à Mervyn King. Une chose est sûre, comme dans le cas de l’euro, les fonds spéculatifs sont derrière la baisse de la livre sterling. Ils n’en sont pas à l’origine mais les positions qu’ils ont ouvertes accentuent indéniablement le phénomène. D’après le Financial Times, près de 6,1 milliards de dollars ont été placés à court terme sur la devise de Sa Majesté durant la seule semaine du 23 février. Cet argent fut principalement placé via le Chicago Mercantile Exchange qui est souvent utilisé comme relais par les hedge funds.