zone_euro_2.jpgNouvelle perturbation du marché des changes sous l’effet de l’imbroglio grec. Deux jours après la réunion des ministres des Finances de la zone euro, le cas de la Grèce fait de nouveau la Une de l’actualité, provoquant un repli de l’euro.

En effet, tout laisse à penser que le sauvetage de la Grèce ne sera pas aisé. Comme nous l’évoquions déjà hier, un problème purement juridique se pose à un tel sauvetage. En effet, la Constitution allemande en interdit le principe. Une telle interdiction semble faire l’affaire de Berlin puisque les autorités allemandes sont très réticentes à fournir de l’argent à Athènes. Ainsi, la chancelière allemande, Angela Merkel, a lancé le principe de pouvoir exclure un pays de la zone euro en cas de manquements graves et répétés. En filigrane, tous les analystes ont compris qu’elle évoquait la Grèce. Le Premier ministre grec, en déplacement à Bruxelles, s’est montré très sceptique à une telle idée. Il a en tout cas menacé les pays de l’Union Européenne à faire appel à l’aide du Fonds Monétaire International si l’UE ne parvient pas à s’accorder sur les modalités de l’aide à la Grèce. Alors que le gouvernement grec a mis en place un plan d’austérité sans précédent de plus de 10 milliards d’euros, Athènes attend un engagement un peu plus ferme de l’UE à la soutenir dans cette épreuve.

Bien que la France et la Banque Centrale Européenne soient clairement réticentes à l’idée d’un prêt du FMI, cette idée commence de plus en plus à s’imposer à Berlin. Elle aurait pour avantage d’éviter aux contribuables allemands de payer pour les excès des grecs, image très répandue outre-Rhin. Si une telle éventualité se confirme dans l’avenir, elle porterait un coup très dur à l’unité affichée de l’UE en cette période de crise, provoquant certainement un refroidissement des relations franco-allemandes et poussant l’euro encore plus à la baisse. Les implications politiques d’un sauvetage par le FMI de la Grèce ne sont pas à négliger car cela signifierait que les pays de l’UE ne sont pas prêts à se venir mutuellement en aide. En filigrane, ce sont les cas du Portugal et de l’Espagne qui pointent.