new_trader.jpgLa séance européenne arrive bientôt à son terme sans brusque changement au niveau des principales paires de devises. L’euro poursuit son affaiblissement après un rebond technique la veille tandis que le rouble apparaît toujours faible face au dollar et le franc suisse poursuit sa remontée. La surprise de la journée fut le peso mexicain qui a affiché une belle hausse à la faveur de bonnes perspectives économiques pour le Mexique.

Le dossier grec reste toujours sur la table comme en témoigne le discours des traders des places financières en Europe. En effet, tant que le sommet de Bruxelles de jeudi et vendredi ne sera pas terminé, ouvrant de nouvelles perspectives pour la Grèce, la tension devrait perdurer sur l’euro. La présidence espagnole a affirmé aujourd’hui qu’elle va tout faire pour parvenir à une solution négociée européenne, en dépit de l’hostilité de Berlin qui privilégie un recours au FMI. La Grèce, qui cherche à mettre la pression sur ses partenaires européens, a affirmé qu’elle pourrait se tourner vers l’organisation internationale en cas d’échec des négociations à Bruxelles. Un tel échec pourrait en tout cas envoyer un message négatif aux investisseurs et fragiliser encore davantage l’euro.

La Grèce a, pour la première fois, éveillé de véritables inquiétudes du côté de la Fed puisque Dennis Lockhart a affirmé hier lors d’un discours en Floride que la situation grecque pourrait avoir un impact direct sur le rebond de l’économie américaine. "Premièrement, si des pays de l'Union européenne devaient prévoir des ajustements à des problèmes d'ordre budgétaire, cela pourrait entraver la croissance de la zone euro et les exportations américaines vers cette région", a estimé M. Lockhart, rappelant que l'Union européenne à 27 était le premier débouché pour les produits américains. Deuxièmement, la crise pourrait provoquer un regain d’aversion pour le risque poussant les investisseurs à se réfugier sur le dollar ce qui aurait pour conséquence de faire remonter le billet vert sur le marché des changes et de freiner les exportations américaines, enrayant la reprise économique. Enfin, "le troisième point est la possibilité que la crise budgétaire grecque débouche sur un grand choc des marchés financiers. Cela pourrait se manifester dans le système bancaire ou sous la forme d'un mouvement de retrait général [des investisseurs] du marché de la dette des Etats", a-t-il encore expliqué. Bien que la Fed s’inquiète des répercussions de la crise grecque, elle laisse l’UE en charge.

Les déboires de l’euro favorisent en tout cas le franc suisse qui a atteint le niveau de 1,4309 franc suisse pour un euro hier, à quelques mesures de son plus haut historique d’octobre 2008. Aujourd’hui, le franc suisse poursuit son raffermissement, à 1,4318 franc suisse pour un euro. Cette hausse de la devise helvétique a poussé le président de la BNS à réagir, ce dernier affirmant que son institution ne laissera pas le franc suisse s’élever trop par rapport à l’euro car une telle appréciation pourrait entraîner une déflation. La semaine dernière, la BNS avait expliqué aux marchés qu’elle envisage de cesser ses interventions, ces dernières se révélant de moins en moins efficaces. Il semble que les investisseurs essaient de tester la détermination de la BNS. Il est peu probable toutefois que l’institution fasse marche arrière pour le moment car l’appréciation du franc suisse semble encore être sous contrôle.

Le rouble s’affiche aujourd’hui encore assez faible après avoir perdu hier près de 7 kopecks face à la devise américaine. La devise russe était toutefois restée stable face à la monnaie unique européenne. Cette baisse du rouble est principalement imputée par les analystes à la baisse de la Bourse de Moscou hier et à la forte spéculation qui frappe le rouble depuis quelques semaines.

Enfin, la surprise de la journée fut le peso mexicain qui a affiché une belle hausse sur le marché des devises à la faveur d’un relèvement des prévisions de croissance par la banque centrale pour 2010. En effet, le gouverneur de la Banque du Mexique, Agustin Carstens a affirmé que la croissance du Mexique pourrait atteindre 5% en 2010 contre 4,2% initialement anticipé. Après avoir chuté de plus de 6,5% en 2009, l’économie mexicaine a rebondi depuis janvier grâce à une reprise des exportations, notamment vers les Etats-Unis, et grâce à la solidité de son secteur bancaire qui a permis de financer de nombreux investissements dans le domaine des infrastructures. La politique monétaire de la banque centrale ne devrait pas connaître d’évolution pour le moment, bien que l’institution a affirmé qu’elle surveille de près l’évolution de l’inflation.