zloty.jpgLe décès du gouverneur de la banque centrale, Slawomir Skrzypek, lors de l’accident tragique qui a également tué le président Lech Kaczynski tôt samedi matin, a jeté un doute sur la suite de la politique monétaire en Pologne.

Cependant, dès dimanche, une réunion extraordinaire s’est tenue à la banque centrale polonaise, portant au poste de gouverneur le premier adjoint de Slawomir Skrzypek, Piotr Wiesiolek, en vertu de la Constitution polonaise. Comme l’a indiqué dès samedi une note de recherche de Goldman Sach, «la continuité sera assurée instantanément ». La banque d’affaires a également ajouté que « la banque centrale serait prête à fournir des liquidités à court terme pour assurer un fonctionnement normal des marchés si nécessaire. Néanmoins, nous ne nous attendons pas à une volatilité excessive des marchés ». Comme prévu, le zloty n’a pas connu beaucoup de volatilité ce matin à l’ouverture des échanges européens, en dépit de la tragédie qui a frappé la Pologne.

Piotr Wiesiolek, homme assez discret âgé de 46 ans, a intégré la banque centrale dès 1992 puis a accédé au poste de premier adjoint du gouverneur il y a deux ans. Pour l’instant, son opinion sur la politique monétaire n’est pas vraiment connue mais, d’après les analystes, il devrait poursuivre la politique déjà mise en place par Slawomir Skrzypek. La hausse du zloty sur le marché des changes, qui agit comme un resserrement de la politique des taux d’intérêt, ne devrait pas inciter l’institution à relever prochainement ses taux, bien que le pays soit le seul à avoir enregistré une croissance de son PIB en 2009.

La banque centrale est d’ailleurs intervenue sur le marché des devises vendredi dernier pour la première fois depuis l’instauration d’un taux de change totalement flottant en 2000 afin de freiner l’appréciation du zloty.

La Pologne, qui a repoussé récemment l’adoption de la monnaie unique européenne de 2012 à 2015, devra, sous l’égide du nouveau gouverneur de la banque centrale, préparer cette échéance en mettant notamment en place «un cadre institutionnel approprié », comme l’a souligné le rapport annuel de l’OCDE qui fut publié jeudi. Parmi les travaux importants à mener, la réduction du déficit qui a atteint en 2009 7,2%, contre 3% selon les critères de Maastricht.