drapeau_grec.jpgL’émission obligataire de hier de la Grèce, 1.2 milliards d’Euros à maturité de 26 et 52 semaines a été généralement considérée comme étant un succès, dans la mesure où l’émission à été sursouscrite 7.67 fois pour les obligations à maturité de 26 semaines.  Le seul problème est que la Grèce a dû payer un rendement supérieur de 4.5% supérieur à celui demandé de l’Allemagne pour pouvoir obtenir ce crédit, ce qui est difficile de considérer comme étant vraiment un succès.

De plus, l’émission obligataire était limitée en quantité et de très court terme. La grande question va être de savoir si les investisseurs auront la même confiance dans les obligations de long terme et pour des montants plus élevés.

Dans notre analyse de l’Euro, nous devons prendre en considération le fait que les rendements  sur les obligations souveraines grecques sont restés très à un niveau très élevé et n’ont que très peu baissé récemment, en dépit de l’aide du FMI et de l’Union européenne. Les prix des CDS, en particulier, restent très élevés.

Tout cela continue de montrer que les marchés ne font confiance ni à la Grèce, ni à l’Union européenne, ni au FMI, et c’est un mauvais point pour l’Euro. Les marchés continuent donc d’être sceptiques sur la viabilité de ce plan de sauvetage.

La paire EUR/USD est néanmoins  bien montée durant la session asiatique, mais nous pensons que c’est plutôt dû à des facteurs asiatiques ayant mis la pression sur l’USD plutôt que sur la force de l’EUR.

Hier, l’intérêt des marchés s’est porté sur les votes qui doivent se tenir dans divers parlements de pays de l’Eurozone avant qu’il y a ait un vote général dans les institutions de l’UE elle-même.

Aujourd’hui, l’attention se porte plutôt sur la faisabilité du plan, en particulier du point de vue fiscal. D’abord, l’intérêt qui va être demandé de la Grèce, environ 5%, est certes mieux que ce qu’elle peut trouver sur les marchés, mais reste élevé. De plus, la contribution qui sera demandée de pays ayant déjà un fort déficit eux-mêmes, comme l’Espagne, le Portugal ou l’Irlande, pourrait leur porter préjudice et être à la base d’une autre crise dans ces pays mêmes. 

Enfin, le journal allemand Handelsblatt a dit en citant des sources non identifiées au sein de la Commission européenne que la taille finale du plan de sauvetage pourrait être trois fois plus importante que ce dont on parle aujourd’hui, soit 90 milliards d’Euros. C’est une taille qui n’est pas de manière à rassurer les marchés et qui présage le pire, en particulier au sein du public allemand, qui n’est déjà pas très enthousiaste, et c’est le moins que l’on puisse dire, pour soutenir un pays ayant fait preuve d’une telle irresponsabilité fiscale.

Le soutien politique du peuple allemand, essentiel pour le passage d’un plan d’aide, semble donc loin d’être assuré.

Immédiatement, sentant l’opinion comme une très bonne femme politique, la Chancelière allemande Angela Merkel a annoncé que le succès (relatif, comme on l’a vu, mais bon, c’est de la politique…) de l’émission obligataire grecque de hier montrait que la Grèce n’avait pas besoin d’aide de la part de l’Union européenne.

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