ue.jpgCe week-end, l’Union européenne a pris des mesures drastiques pour tenter de lutter contre la crise de la dette grecque et européenne, en créant encore plus de dette publique. Quelle trouvaille ! Les ministres de l’ECOFIN, le comité des ministres des finances des pays de l’Eurozone, se sont mis d’accord pour la création d’un « mécanisme de stabilisation » d’une valeur de 720 milliards d’euros.

De son côté, la BCE a annoncé qu’elle allait acheter des obligations gouvernementales et des obligations d’entreprises, c’est-à-dire de la dette publique et privée, sur le marché secondaire. Précisons que contrairement aux banques centrales des Etats-Unis et d’Angleterre, les statuts de la BCE lui interdisent d’acheter directement des obligations émises par les Etats, mais pas sur le marché secondaire, c’est-à-dire la bourse, le marché ouvert. C’est ce « trou » dans les statuts qui lui permet maintenant de se jeter sur le marché et de le gonfler de manière artificielle. Nous sommes en plein processus de création de la plus grosse bulle de l’histoire de la dette, et à ce stade, il ne reste plus qu’à prier pour qu’on arrive à la dégonfler progressivement, mais le pronostic est très réservé. 

En tout cas, cet argent, qui va être donc subtilisé aux contribuables, pourtant déjà sous pression d’une imposition confiscatoire, permettra de couvrir la totalité de la demande de fonds des Etats jusqu’à la fin de l’année 2010. A nouveau, on ne peut qu’espérer que les Etats puissent rétablir leurs finances à temps et rembourser leur dette, mais à ce stade, tout cela ressemble à un vœu pieux, puisque la condition sine qua non pour les rétablir et d’effectuer des coupes sombres dans les budgets, qui sont politiquement très difficiles à effectuer.

Par ailleurs, le FMI a de son côté approuvé un prêt de 30 milliards d’euros à la Grèce, et l’argent devra être à Athènes avant la maturation d’une obligation souveraine grecque, le 19 mai prochain, qui ne restera donc pas dans l’histoire comme étant le jour où la Grèce aura fait faillite.

Nous sommes donc dans un environnement dangereux et délétère de fuite en avant où les Etats cherchent désespérément des moyens de se financer en taxant les citoyens, en imprimant de la monnaie, en créant des dettes ou des engagements financiers futurs, comme s’il ne fallait pas les payer tôt ou tard, au lieu de faire la chose raisonnable, qui est simplement de couper profondément dans les dépenses.

Certes, le calcul et l’espoir des décideurs politiques est de dire que maintenant que les marchés sont rassurés par le plan européen et du FMI, les rendements obligataires vont baisser, les marchés vont se calmer et en fin de compte, on n’aura peut-être même pas besoin de cet argent. Le problème de ce calcul est qu’en général, dans ce genre situations, une fois que l’argent est promis, on fini par l’utiliser, et l’exemple de la Grèce le montre très bien.

Il y a seulement quelques semaines, les commentateurs expliquaient que le passage du plan d’aide à la Grèce empêcherait les rendements obligataires de trop monter et le Premier Ministre grec avait fait part de sa confiance dans la capacité de son pays à se financer tout seul sur les marchés financiers. Bien entendu, après seulement quelques semaines, cette confiance s’est avérée être erronée et la Grèce a dû utiliser le plan d’aide financière de l’Union en sa faveur.

De nouveau, les pays de l’eurozone espèrent que l’effet d’annonce sera suffisant pour calmer les marchés et éviter que l’argent promis soit utilisé, mais la réalité risque d’être différente, à moins évidemment qu’un plan crédible et politiquement douloureux de coupes massives dans les budgets, y compris ceux de l’Etat-social, soit mis en place rapidement.

L’Allemagne, qui a fait ce week-end des compromis inimaginables il y a seulement une semaine, a officiellement obtenu des garanties à ce sujet. On verra si ces promesses seront tenues.

Bref, on le comprend, devant la gravité des événements, toutes les autres nouvelles économique sont été rejetées à l’arrière-plan. Ce matin, les marchés actions réagissent favorablement et sont en hausse énorme, entre +3% et même plus de 6% pour le CAC40 !!! Ceci dit, faisons attention, cette énorme volatilité nous rappelles la période entre septembre et novembre 2008, qui a aussi connu des journées pareilles, avant que les bourses ne s’écroulent totalement.

Sur le marché des changes, la paire EUR/USD rebondit elle-aussi très fortement, de plus de 2%, et se retrouve au-dessus du niveau de 1.30, à 1.3039 en ce moment. Ceci dit, dans cet environnement hyper-volatil, nous conseillons d’être extrêmement prudent et de profiter de la hausse de l’Euro pour sortir des positions longues, s’il y en a encore, même si à très court terme, de nouvelles hausses, peut-être même violentes suite à d’autres annonces de ce genre, ne sont bien entendu pas à exclure.

Et comme toujours et plus que jamais, n’oubliez pas vos stops!