ocde.jpgL’OCDE a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour les deux ans à venir, anticipant une croissance mondiale de 4,6% en 2010 et de 4,5% en 2011 contre seulement 3,4% et 3,7% précédemment. Pour autant, l’OCDE a tenu à tempérer ses prévisions en soulignant que de nombreux risques continuent de peser sur la croissance mondiale, risques notamment liés à l’instabilité des marchés suite à la crise grecque.

Les prévisions de croissance au niveau mondial ont de quoi rassurer mais elles cachent évidemment de très grandes disparités. Ainsi, la zone euro devrait faire face à une profonde atonie avec une croissance prévue à 1,2% en 2010 et à 1,8% en 2011. Surtout, signe inquiétant, la croissance dans la zone euro est surtout tirée par les effets des plans de relance gouvernementaux et, salutairement, par le rebond du commerce international qui devrait croître de plus de 10% cette année.  La zone euro fait face à une situation très complexe, chamboulée notamment par la crise de la dette souveraine qui affecte de très nombreux Etats membres et provoque une dégringolade de l’euro sur les marchés. Cependant, bien que la crise continue d’agiter l’Europe, les responsables de l’OCDE ont catégoriquement exclu l’éventualité d’une nouvelle récession provoquée par l’instabilité des marchés financiers. Il faudra probablement plusieurs années avant que la zone euro ne retrouve un niveau de compétitivité comparable à la période d’avant 2008, une fois que les sévères plans d’austérité pris par de nombreux gouvernements auront eu leurs effets.

Les Etats-Unis qui connaissent une nette amélioration de leur situation économique, notamment un réel rebond du marché immobilier, devraient connaître une croissance estimée à 3,2% en 2010 contre 2,5% précédemment. Bien que de nombreux responsables de la Fed se soient inquiétés récemment de l’impact de la crise européenne sur la relance de la croissance américaine, l’OCDE se montre plutôt optimiste.

Les prévisions pour le Japon ont été aussi revues à la hausse avec une croissance estimée à 3% en 2010 contre seulement 1,8% auparavant. Pour autant, l’archipel nippon fait face à de nombreux défis notamment une situation de déflation qui rappelle la période 2001-2006 pendant laquelle la Banque du Japon fut contrainte de maintenir les taux à zéro et de lancer un vaste programme d’assouplissement quantitatif. Les dernières minutes de la Banque du Japon soulignent que la situation économique s’améliore dans l’archipel grâce à la relance de la consommation intérieure mais de nombreux défis subsistent notamment au niveau de la situation budgétaire du pays qui est l’une des plus catastrophiques du G7. Surtout, l’appréciation du yen sur le marché des changes pourrait conduire à une baisse de la compétitivité japonaise, nuisant directement à la croissance.

Enfin, de nombreux pays font face à une surchauffe économique, à l’instar de la Chine de l’Inde ou du Brésil. Les analystes s’attendent que les autorités monétaires décident de durcir leur politique monétaire afin de contrer les pressions inflationnistes et d’éviter la formation de bulles spéculatives. La révision en début de semaine à la hausse des prévisions de croissance et d’inflation par la banque centrale brésilienne laisse présager une hausse du loyer de l’argent dans le pays très prochainement ce qui pourrait profiter au real brésilien.