newsletter_big.jpgNouvelle semaine mouvementée sur le marché des changes avec son lot de rumeurs. La première partie de la semaine a constitué le prolongement des séances précédentes avec une forte aversion pour le risque, pénalisant aussi bien l’euro que la livre sterling. Cependant, l’euro a repris un peu de terrain sur le marché des changes à la faveur d’un rebond technique qui a aussi profité aux principaux indices boursiers mondiaux.

Pour autant, ce rebond technique de l’euro ne devrait pas être de longue durée. En effet, la dette des Etats européens demeurent un problème pesant sur la dynamique de l’euro, bien que de nombreux Etats européens (Royaume-Uni, Italie, Espagne) aient présenté cette semaine des plans de rigueur afin de rassurer les marchés.

La paire EUR/USD a tourné, en dépit d’une forte volatilité qui s’est également répercuté sur les actions, autour de 1,23 dollar en fin de semaine, toujours à  un niveau assez faible. Au regard d’ailleurs de la hausse des actions depuis jeudi, le rebond de la paire EUR/USD est plutôt mitigé.

L’euro a également affiché des plus bas cette semaine face au franc suisse et au yen. Les autorités monétaires des deux pays ont menacé les marchés d’une nouvelle intervention. Tokyo a notamment plaidé en de nouvelles mesures afin de limiter l’appréciation du yen alors que l’économie nippone connait toujours des difficultés en cette période de déflation. Les minutes de la dernière réunion de la BoJ ont certes souligné que le contexte économique s’améliore, notamment grâce au rebond de la consommation intérieure, mais une trop forte appréciation du yen pourrait peser sur les perspectives de croissance, qui ont justement été revues à la hausse par l’OCDE.

De nouvelles interventions des autorités monétaires sur les marchés risquent de n’avoir presque aucun effet sur le moyen terme sur le cours des devises mais les banques centrales considèrent toujours, à tort, qu’une intervention doit faire partie de l’arsenal à déployer afin de défendre une monnaie.

Les déboires de la zone euro se répercutent également sur les devises exotiques et les devises dites matières premières. Le mois de mai fut plutôt mauvais pour le dollar australien qui a perdu beaucoup de dollar face au billet vert, à l’instar du dollar canadien ou du rand sud-africain.

Un autre facteur risque également bientôt d’entrer en ligne de compte puisque de nombreux pays font face à une surchauffe de leur économie et à de possibles risques inflationnistes. Les pays émergents sont principalement en ligne de mire, à l’instar du Brésil. Cette semaine, la banque centrale brésilienne a revu à la hausse ses perspectives de croissance et d’inflation pour l’année en cours ce qui plaide en faveur d’un nouveau relèvement des taux pour le real brésilien. Bien que l’aversion pour le risque reste le facteur dominant les décisions d’investissement sur le marché des changes, le différentiel de taux entre les devises entre aussi en ligne de compte. Ainsi, un relèvement du loyer de l’argent au Brésil risque de profiter sur le court terme au real brésilien face au dollar américain ou à l’euro.