franc-suisse.jpgPlus important encore que les déboires de l’Espagne, la fragilité financière du Japon ou encore les retombées économiques de la Coupe du Monde de football en Afrique du Sud, la réunion trimestrielle de la Banque Nationale Suisse aujourd’hui pourrait avoir un impact décisif sur le franc suisse et le marché des changes.

Les analystes du marché des changes ne s’attendent pas à une modification du taux directeur de la banque centrale helvétique mais ils s’attendent à ce que les déclarations du gouverneur concernant le franc suisse aient un impact particulièrement crucial sur le marché des devises.


Depuis plusieurs mois, la banque centrale s’efforce de contenir la progression du franc suisse face à la monnaie unique européenne en intervenant massivement et de manière répétée sur le marché. Le moins que nous puissions dire, c’est que ces interventions ont eu un impact plutôt limité.

Il semblerait que la banque centrale se soit d’ailleurs rendue compte de l’inefficacité de telles mesures. C’est une bonne chose. Il est donc probable qu’elle ait renoncé à influencer réellement l’évolution du franc suisse. Cependant, en tant qu’institution responsable, la banque centrale devrait particulièrement mesurer ses propos. Au lieu d’affirmer, comme à son habitude, son intention de lutter contre une appréciation excessive de la devise suisse, il semblerait adéquat pour la banque centrale de laisser entendre qu’elle interviendra uniquement afin de limiter les mouvements trop volatils sur la devise.

La banque centrale ne peut pas se permettre pour l’instant d’annoncer une réduction de ses achats d’euros, ce qui provoquerait un repli stratégique sur le franc suisse, contribuant à un affaiblissement conséquent de l’euro face à la devise helvétique mais également face au dollar américain en raison de son statut de valeur refuge .

Toutefois, il est probable que le marché des changes connaisse une certaine volatilité demain en raison de cette raison cruciale. Par conséquent, il convient de ne pas oublier ses stop loss afin d’éviter de mauvaises surprises.

Le reste de l’actualité du marché des devises fut une nouvelle fois marqué par la crise de la dette des Etats européens avec, au premier plan, le cas de l’Espagne. Dans un article paru aujourd’hui dans l’hebdomadaire allemand Die Zeit, le président de la BCE , Jean-Claude Trichet a souhaité un engagement clair des Etats européens en faveur de l’Espagne. De tels propos résonnent comme une mauvaise musique, laissant présager un plan d’aide européen au pays. D’ailleurs, un banquier central qui a souhaité garder l’anonymat a affirmé que «la Grèce n’était qu’un prélude, l’Espagne est le vrai problème ». Ces inquiétudes accentuent clairement la tension sur l’euro. Il est préférable de continuer à vendre des euros et de se replier sur le dollar en cette période d’incertitude.

Il est également possible de se reporter sur d’autres devises. Nous conseillons notamment d’explorer les possibilités de hausse du zloty polonais. La décision de la banque centrale et du ministère des Finances de demander une ligne de crédit flexible au FMI ne devrait pas influer sur la progression continue de la monnaie polonaise face à l’euro.

Enfin, conformément aux intentions du précédent gouvernement britannique, la Banque d’Angleterre va être chargée de la régulation financière et notamment du contrôle des exigences de fonds propres des banques implantées au Royaume-Uni.