fed-tampon.gifL’évènement de la journée de trading d’hier fut la réunion de la banque centrale américaine qui s’est soldée par un maintien du principal taux directeur de l’institution entre 0 et 0,25%.

Les analystes du marché des changes ne s’attendaient évidemment pas à un mouvement des taux mais ont été désagréablement surpris par le communiqué du FOMC fourni à la presse à l’issue de la réunion.

L’aversion au risque a un pavé devant elle désormais avec les propos plutôt alarmistes tenus par les membres du comité de politique monétaire de la Fed. Ces propos se sont répercutés directement sur les places financières mondiales, avec un recul de l’euro en-dessous de 1,23 dollar et une chute des principaux indices boursiers. Le CAC 40 a fini hier en baisse de 1,7%, toujours pénalisé par les déboires de Wall Street, tandis que la place boursière new-yorkaise a clairement fini sans direction.

Wall Street a fini pour la troisième séance consécutive en baisse, le Dow Jones gagnant certes 0,06% à 10.298,89 points mais le Nasdaq chutant de 0,35% à 2254 points.

Le communiqué du FOMC a mis les points sur les « i » hier : les Etats-Unis sont indéniablement en période de reprise de l’activité économique mais celle-ci reste très fragile et la prévision de croissance de 3% du PIB en 2010 établie par l’administration Obama en mars dernier est tout bonnement irréaliste.

D’ailleurs, le président américain l’avait implicitement reconnu mardi en affirmant que l’économie ne progresse «pas aussi vite » que prévu.

Le communiqué de la Fed a surtout souligné de manière implicite les actuels déboires de l’Europe qui pèse sur le renforcement de la croissance américaine. Cependant, de nombreux observateurs font valoir que la crise de la dette dans la zone euro n’est pas le danger qui pèse le plus sur la reprise américaine.

C’est sur le front intérieur qu’il faut s’inquiéter. Bien que l’activité manufacturière s’accélère et que les dépenses des entreprises sont en hausse, de nombreux indicateurs macroéconomiques inquiètent.

Le marché de l’immobilier, qui est en phase de reprise, connait des sursauts inquiétants comme en témoignent les chiffres des ventes de logements neufs hier dont la baisse a suffi à plomber la monnaie unique européenne.

Surtout, le chômage devrait rester encore pour longtemps un véritable sujet de préoccupation pour l’administration américaine, sachant que le taux de chômage ne parvient pas à décroître substantiellement. Au contraire, les indicateurs du marché de l’emploi sont plutôt dans le rouge ces derniers mois.

Enfin, d’autres inquiétudes viennent s’ajouter à ces deux problèmes majeurs : avec un chômage en hausse, les ménages américains sont réticents à consommer, ce qui pèse sur la dynamique économique. De plus, il ne faut pas écarter l’hypothèse d’une reprise des craintes concernant la dette des Etats-Unis qui, si elles ressurgissaient, auraient pour effet de faire plonger le billet vert.

En cette période d’incertitude, alors que de lourds défis se présentent même pour le dollar et le yen, il est préférable pour les investisseurs de se reporter sur le franc suisse ou, de manière plus sûre, sur l’or qui a fini hier en soir en légère baisse par rapport à son niveau de mardi, à 1226,50 dollars au fixing du soir.