deficit_public_france_allemagne_dette_export_import.jpgAfin de sauver la face, la zone euro est à l’heure de l’austérité. En pleine crise de la dette des Etats, les pays de l’euroland se sont engagés sur la voie de l’austérité. Il y a à peine un an, le président Sarkozy récusait la voie de l’austérité, soulignant qu’elle s’était avérée inefficace par le passé. Les présidents américain et chinois auraient certainement applaudi de tels propos à l’époque.

Cependant, à leur grand dam, même la France, suivant la voie tracée par l’Allemagne, les pays ibériques et le Royaume-Uni, a décidé de réduire son train de vie. Dans les débats publics en France, la question de la dette est souvent mise sur le tapis. Pour autant, la dette actuelle de la France n’inquiète pas les agences de notation financière. Ce qui inquiète Paris en revanche, c’est un phénomène de contagion qui pourrait se répercuter sur le pays.

Afin de faire bonne figure, le gouvernement français s’oriente vers une réduction des dépenses, en commençant par le train de vie de l’Etat. Après plusieurs scandales qui ont émaillé le gouvernement, le président Sarkozy a présenté une série de mesures concernant le gouvernement en matière de logements ou encore de déplacements. L’objectif est de faire bonne figure et de montrer aux français que le gouvernement participe à l’effort national au plus haut niveau. Ainsi, à titre symbolique, les garden party de l’Elysée, du Quai d’Orsay et de l’Intérieur ont été annulées pour ce 14 juillet.

Cette phase d’austérité devrait permettre, si elle est bien dosée, un retour progressif à la croissance selon le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. S’exprimant hier sur Europe 1, il a affirmé que la réduction du déficit ne doit pas se faire brutalement, afin d’éviter un effet négatif sur la croissance. Il a plaidé pour un processus assez long de «cinq ou six ans ». Cet avis est partagé par les économistes et également par l’ancien ministre de l’Economie et des Finances Thierry Breton, qui occupe depuis le poste de PDG de la SSII Atos Origin.

Cependant, le gouvernement n’est pas encore sur la même longueur d’onde et souhaite aller rapidement, plaidant pour une réduction du déficit de 7,5% en 2009 à 3% en 2013, ce qui implique des coupes évaluées à 100 milliards d’euros sur trois ans. Afin de réduire le déficit, une augmentation des impôts parait inévitable, comme c’est le cas par exemple dans le budget d’urgence présenté il y a une semaine au Royaume-Uni et qui, depuis, provoque des remous entre les Conservateurs et les Libéraux Démocrates. Cependant, cette augmentation des impôts doit se faire de manière judicieuse afin d’éviter que les français ne décident d’épargner au lieu de consommer, dans la perspective de jours difficiles.

La meilleure piste pour le moment, et c’est celle privilégiée par le gouvernement, est de tailler dans les dépenses. En Autriche, le Ministère de la Défense qui devrait voir son budget réduire de moitié d’ici à 2014 a ainsi décidé de mettre au rebut la moitié de son parc de véhicules blindés. En revanche, en France, en pleine crise, le Ministère de la Défense préfère s’offrir une piscine estimée à 30 millions d’euros.