outils-de-change.jpgComme nous l’avions annoncé dans une édition précédente , le Japon et le yen sont dans une mauvaise position. Bien que le yen continue de profiter de son statut de valeur refuge pour monter face à l’euro et aux autres valeurs jugées à risque, le couperet risque de tomber d’un moment à l’autre.

Le Japon risque en effet de perdre, dans les mois qui viennent, sa note de crédit du fait de la situation économique et financière alarmante de l’archipel. Une éventuelle dégradation de la note de la dette souveraine du pays aurait certainement pour conséquence, vu la psychose actuelle autour du problème de la dette, d’entraîner le yen à la baisse.

Le gouvernement de Naoto Kan a pris conscience (enfin !) de la nécessité de réformer financièrement le pays. Ainsi, la semaine dernière, le gouvernement a présenté un plan visant à assainir la situation. Parmi les principales propositions de Naoto Kan : limiter les dépenses publiques à 634 milliards d’euros par an jusqu’en 2013-2014, maintenir les émissions de bons du Trésor en dessous de 393 milliards d’euros et surtout diviser par deux d’ici à cinq ou six ans le déficit annuel. Afin d’y parvenir, le gouvernement a annoncé une hausse de la taxe à la consommation dans les prochaines années de près de 10%. Cette taxe pourrait peser encore un peu plus sur la consommation des ménages alors que celle-ci a enregistré un recul de 0,7% en mai comparé au même mois l’année dernière.

Le réel problème du gouvernement nippon c’est qu’il compte sur la demande intérieure pour faire redémarrer la croissance. Seulement, la demande est toujours stagnante et avec un chômage qui continue de grimper (à 5,2% en mai), il y a peu de chance que les japonais prennent confiance en l’avenir et dépensent de nouveau.

Dans cette situation, le gouvernement est face à une impasse. Les agences de notation financière n’ont d’ailleurs pas manqué de le noter. Ainsi, l’agence Fitch a jugé très sévèrement le plan présenté par Tokyo, le jugeant sans ambition et appelant plutôt le gouvernement à lutter contre la déflation qui ravage de nouveau le pays.

Dans ce contexte, le yen n’est pas encore menacé et il demeure prudent d’investir sur la devise nippone. Cependant, sur le moyen terme, une chute du yen n’est pas à exclure. La principale échéance à surveiller sera, selon Fitch, les prochaines élections sénatoriales du 11 juillet.