acm-120x90-3.gif1.    Bonjour Peter Rosenstreich ! Pensez-vous que la crise de la dette souveraine pourrait connaitre des rebondissements dans les prochains mois ? Faut-il s'attendre à une chute du yen en cas de dégradation de la note de crédit du Japon ?

Même si la crise de la dette souveraine ne fait plus les gros titres, les causes de celle-ci sont loin d'être résolues. La poursuite d'une progression relativement stable des marchés dépend entièrement  du succès des plans de rigueur extrêmement ambitieux mis en place par les Etats européens et de fragilité des perspectives de croissance. Si la dette japonaise était réévaluée à la baisse, l'effet serait sans doute immédiat et une baisse du Yen inéluctable et les premiers gagnants seraient sans doute l'USD et le CHF.

2.    Considérez-vous qu'un risque de nouvelle récession soit désormais écarté ?

Les projections de reprise variant grandement d'une économie à l'autre, alors que certaine semblent sur la bonne voie, d'autres auront de la peine à assumer les plans d'austérité et leurs inévitable retombées sur la croissance.

3.    Quelle fut votre réaction suite à la décision de Pékin de faire un geste sur le dossier épineux du yuan peu avant le G20 de Toronto ?

Honnêtement ce ne fût pas une grande surprise, les conditions étaient justement propice à cela.

Quant au timing précis, il faut savoir que la question des mécanismes de change à une importance plus politique qu'économique à nos yeux. Or ici, la conséquence fût que la Chine a pu se présenter à Toronto avec un biais positif. Au lieu de faire partie du problème, la Chine faisait soudain partie de la solution, encourageant la solution globale d'équilibrage des échanges.

4.    Est-ce que les devises exotiques (real brésilien, rand sud-africain, zloty etc…) représentent une alternative d'investissement face aux devises majeures (dollar, euro, livre sterling, yen etc…) qui sont minées par une croissance lente et un déficit conséquent ?

Oui et non. Si l'on regarde vers l'avenir, toutes ces devises devraient bénéficier d'un haut niveau de croissance et d'un différentiel de taux en leur faveur. Cependant, les traders devraient perdre l'habitude de considérer les devises émergentes comme un tout homogène juste parce que l'on a constaté récemment une forte corrélation entres ces économies.

Elles n'en sont pas moins diverses et devraient être considérées individuellement et en détails avant d'y investir. Plus largement, ces devises ne devraient en aucun cas remplacer celles du G10 comme devises majeures ou de réserve car ce sont des marchés locaux, peu liquides, offrant peu ou pas de dérivés et souffrant souvent des interventions de l'Etat.

5.    Partagez-vous l'opinion d'un économiste anglais qui a affirmé il y a quelques jours que le seul moyen pour la zone euro de retrouver une croissance dynamique est d'abolir cette zone et par la même la monnaie unique européenne ?

D'un point de vue théorique, la dissolution de la zone euro peut paraitre une hypothèse séduisante pour facilité un retour à la croissance plus dynamique, libéré des contraintes du traité de Maastricht et de sa politique monétaire unique. Néanmoins, en pratique les barrières à cela sont gigantesques. On peut penser aux innombrables interconnections entre les membres de l'Union, sans parler de l'immense perte de confiance que cela provoquerait.

Tous cela et d'autres facteurs rendent cette solution plus qu'improbable.

6.    Qu'attendez-vous des prochains mois sur le marché des changes ?

Notre attention sera toujours sur le problème de la dette souveraine. Alors que l'Union Européenne s'est « Acheté » un répit afin de régler des lacunes internes et de permettre aux économies qui  la compose de récupérer, l'Union est loin d'être sortie de l'ornière. Le risque qu'un passage à vide dans la reprise ne précipite les Etats périphériques de la zone Euro à nouveau dans une crise profonde. Or nous doutons qu'un pays comme l'Allemagne ne soit à nouveau d'accorde de payer pour un nouveau plan de sauvetage. De plus, la question de la solidité de pays comme le Royaume Uni, le Japon, ou les Etats Unis ( mère de tous les doubles déficits) se posera. Nous pensons qu'après un bref répit dans l'aversion au risque et alors que les indicateurs économiques globaux faiblissent, le 4ème trimestre verra certainement une augmentation de la pression vendeuse sur les transactions FX corrélée au risque.


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