newsletterrLa corrélation entre le marché des changes et les marchés actions s'est une nouvelle fois renforcée cette semaine via l'aversion au risque (voir Newsletter de Saxo Banque).

La principale paire du FX, l'EUR/USD a fait les frais de l'actualité avec un net renforcement du billet vert en début de semaine. Les déboires autour de l'Anglo Irish Bank et surtout le doute qui a été jeté par le WSJ sur le résultat des tests de résistance publiés en juillet dernier ont fait renouer l'euro avec la baisse.

Les investisseurs s'inquiètent de plus en plus de la santé du secteur bancaire européen mais aussi du creusement des écarts entre les dettes des pays européens, l'Irlande, la Grèce et les pays ibériques étant en ligne de mire.

La paire a cependant connu un retournement en milieu de semaine en raison de la réussite des opérations obligataires de plusieurs pays européens, dont l'Irlande, et de la publication de bonnes statistiques américaines (allocations chômage et balance commerciale). Dans la foulée d'un rebond des bourses mondiales, l'EUR/USD a gagné quelques pips, évoluant toutefois dans un range très serré.

D'un point de vue technique, la baisse de l'euro semble possible si la devise brise le support technique de 1.2650/60 ce qui pourrait ramener la monnaie à son niveau du mois d'août. En revanche, l'accumulation de bonnes nouvelles économiques pourrait jouer en faveur de l'euro et un dépassement du seuil de 1.2663 pourrait ouvrir à la monnaie unique une nouvelle fois le niveau de 1.29. Dans un premier temps, le scepticisme est plutôt de rigueur, tant les défis à surmonter sont immenses.

Le dollar ne fut pas le seul perdant de cette fin de semaine puisque le yen a été pénalisé directement par les bons chiffres économiques chinois et surtout par la faillite spectaculaire de la banque privée Incubator Bank of Japan, la première depuis 2004. La devise nippone reste toutefois à des niveaux très importants sur le marché des changes ce qui pénalise la reprise de l'activité économique.

Hier, lors d'une réunion avec le gouvernement, le gouverneur de la BoJ, Shirakawa, a appelé à plus de concertation internationale sur les changes et a souhaité que le G8 et le G20 envoient un message clair au marché lors de leur prochaine réunion. Ces propos soulignent à quel point Tokyo est désemparé face à l'appréciation de sa devise.

Le retour assez faible de l'appétit au risque a également poussé à la baisse le franc suisse en fin de semaine face à l'euro et au dollar, bien que la devise reste toujours à un niveau très haut. Sur la semaine, la devise a gagné environ 0.7% face à l'euro et au dollar US. Les économistes s'attendent que la BNS conserve son taux directeur à 0.25% lors de sa prochaine réunion, faisant ainsi écho aux décisions de la RBA et de la Banque de Corée du Sud.

Enfin, le yuan a accusé sa progression hebdomadaire la plus importante face au dollar américain depuis la semaine du 25 juin dernier. Selon le China Foreign Exchange Trade System, l'appréciation de la devise fut de 0.5% face au dollar américain et de 1.3% face à l'euro. Cette annonce intervient alors que le secrétaire au Trésor, Tim Geithner, a souligné que le taux de change du yuan n'évolue pas assez rapidement.