300px-chaplin_modern_times.jpgIncertitudes sur les perspectives de croissance et d'inflation, baisse et inquiétudes sur les marchés boursiers, repli sur les valeurs de réserves, flambée sans précédent du baril de pétrole, chute historique du dollar face aux principales devises internationales sur le marché des changes. Bienvenu dans le royaume des incertitudes !

Quel tableau bien noir que celui de l'état actuel de l'économie mondiale ! Il pourrait rappeler par certains aspects celui de la Grande Dépression qui emporta le précédent système monétaire et financier.


Chaque semaine, des nouvelles aussi pessimistes les unes que les autres s'accumulent sans que les autorités monétaires et politiques ne puissent enrayer cette mécanique infernale de crise qui grippe le fonctionnement théoriquement si parfait du libéralisme occidental.

Nous subissons en ce moment les répercussions d'un triple choc dont l'ampleur est à ce jour encore indéterminé mais qui devrait à terme refaçonner en profondeur le système mondial.

Le premier choc, évoqué dans ces colonnes au mois de janvier dans un article intitulé « Le retour du péril jaune », est le basculement du monde de l'Ouest vers l'Est à un moment où le moteur américain est épuisé. Le deuxième choc en est la conséquence : la soif insatiable de la Chine en matières premières qui fait exploser les prix et rappelle à notre douloureux souvenir le spectre de l'inflation, disparu il y a près de trente ans. Enfin, le troisième choc est la crise financière qui n'en finit pas de connaître des rebondissements de plus en plus préoccupants de jour en jour.

Autrefois adulé pour sa gestion exemplaire, le « magicien » Greenspan est aujourd'hui montré du doigt pour son laxisme qui a favorisé l'émergence d'une bulle immobilière maintenant éclatée. Certes, les Etats-Unis, en dépit d'une baisse de l'indice de confiance des consommateurs, d'une dégringolade du dollar sur le marché des changes ou d'un déficit commercial inquiétant qui a pour pendant un accroissement de la dépendance américaine vis-à-vis de la Chine, ont encore des fondamentaux enviables, tels que les chiffres de l'immigration ou des gains de productivité à faire pâlir le modèle Rhénan.

Pour autant, la crise financière actuelle, qui a probablement pour pendant le plus médiatique un euro qui flirte avec les 1,60 dollar sur le Forex, montre que le modèle de croissance américain, basé sur l'endettement des ménages afin d'entraîner la croissance, n'est plus soutenable et va devoir, à marche forcée, se réinventer.

Comme tout accouchement, il se fera dans la douleur, avec des faillites bancaires ou la gestion de crise de liquidité par les banques centrales, mais, à long terme, il sera garant d'un nouveau modèle économique, plus soutenable, probablement multipolaire avec une place de choix accordée à la Chine et aux nouveaux dragons, et une finance plus sage, si ce n'est plus responsable.

Jusqu'à la prochaine crise.