Edito2L'industrie pornographique, des grands studios renommés comme Lucas Entertainment aux sex shops de quartier, a toujours fasciné les chercheurs et certains ont publié des études à ce sujet qui les ont rendu plutôt célèbres. Parmi celles-ci, l'étude menée par le professeur Benjamin Edelman, de la prestigieuse Harvard Business School, qui avait pour sujet l'industrie pornographique américaine et les profils des consommateurs (Red light states: who buys online adult entertainment?).

Industrie fascinante car faisant l'objet de vives polémiques, l'industrie pornographique est largement considérée désormais par les économistes comme un véritable moteur de croissance et même d'avancées technologiques. Bien que les revenus tirés de la pornographie soient difficilement estimables, comme l'a souligné en 2001 l'article de Forbes « How big is porn? », les estimations vont de deux à trois milliards de dollars par an à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Pour se faire une idée concrète, c'est quasiment l'équivalement du PIB du Congo en 2009 (soit 9.58 milliards de dollars selon la Banque Mondiale).

Industrie très dynamique et très ancienne, la pornographie a toujours su tirer profit des nouveaux médias, comme le livre, la photographie et maintenant aussi internet. C'est même le secteur d'activité qui est l'un des principaux moteur de développement des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC), mettant en place des procédants innovants qui sont ou devraient parfois être appliqués aux autres industries. En témoignent par exemple les procédés et les nombreux développements marketing mis en place par les grands studios pour adultes afin de lutter contre la copie illégale en récompensant les clients légaux. Des procédés qui auraient largement pu inspirer les concepteurs de la loi Hadopi et l'industrie du disque et du cinéma en France.

Comme pour le cas de la VHS et plus tard du DVD ou encore du streaming et des systèmes de chat vidéo en direct, l'industrie pornographique est pionnière dans le domaine du 3D. A part quelques films grands publics, c'est en effet pour l'instant principalement l'industrie pornographique qui est présente sur ce créneau. Le « premier film érotique en IMAX 3D » réalisé par Christopher Sun Lap Key, 3D Sex and Zen: Exterme Ecstasy, a impulsé un mouvement dans l'industrie toute entière et a, au passage, terrassé Avatar au box office hongkongais.

Autre champ d'investigation de l'industrie pornographique, les smartphones, bien que certains pontes, comme Steve Jobs, tentent tant bien que mal d'empêcher l'industrie du porno d'investir ces nouveaux outils du quotidien.

Aussi criticable qu'elle soit, l'industrie pornographique est une industrie à la pointe des avancées technologiques, ouvrant parfois même la voix à d'autres acteurs grand public. Surtout, cette industrie est créatrice d'emplois. Hollywood, très connu pour ses blockbusters et films grand spectacle, fonctionne aussi en grande partie grâce à l'industrie pour adultes. Une réalité qui est trop souvent omise...