Edito2Récapitulatif de la semaine au 13 janvier:
 

Atmosphère largement apaisée en ce début d'année 2012 en attendant deux échéances cruciales pour les marchés financiers, à savoir la remise du rapport de Standard & Poor's sur la zone euro, qui va peut-être entraîner la perte du triple "A" français et une dégradation de l'Italie, et le Sommet Européen des 29 et 30 janvier, à Bruxelles.
 
Plusieurs signaux positifs ont été envoyés tout au long de la semaine, en dépit d'indicateurs macroéconomiques européens plutôt mitigés dans l'ensemble. Les adjudications de l'Espagne et de l'Italie, à des taux de rendement en très nette baisse, ont prouvé que la zone euro n'est pas totalement en perdition. Les investisseurs ont noté que les deux pays ont réussi brillamment ce test de début d'année mais attendent, encore, des changements. La crise est loin d'être terminée, comme en témoigne la très forte dépendance du secteur bancaire espagnol aux financements de la BCE ou encore les discussions sans fin entre Athènes et ses créanciers.
Outre ces deux émissions obligataires test, les investisseurs ont accueilli positivement le statu quo monétaire dans la zone euro, à 1%, après deux hausses consécutives fin 2011. Les marchés ont largement appuyé les propos de Mario Draghi, qui a notamment plaidé pour l'adoption, dès janvier, d'un nouveau pacte budgétaire européen alors que lundi dernier, le couple franco-allemand avait évoqué la date du 1er mars. Contrairement à de nombreux politiques européens, l'institution de Francfort a clairement compris que les décisions politiques doivent suivre le rythme imposé par les marchés, et non l'inverse. Nous ne le répèterons jamais assez, le temps politique n'est pas le temps économique et financier...
 

Analyse devises:
 

La semaine prochaine risque d'être chargée en indicateurs macroéconomiques, après une séance de lundi plutôt calme. Le marché obligataire européen aura toujours une influence certaine sur les cours mais ce seront surtout quelques indicateurs européens et américains clés qui attireront l'intérêt, à savoir, comme d'habitude le sondage ZEW allemand mardi, les prix à la production en Allemagne vendredi, et tout au long de la semaine, de nouvelles informations concernant le secteur immobilier américain.
 
Les données qui ont été communiquées fin décembre à ce sujet ont souligné que l'immobilier américain a atteint son plus bas. Par conséquent, les indicateurs qui vont ponctuer la semaine ne devraient que démontrer la reprise de ce secteur d'activité vital pour les Etats-Unis. A en juger par les prévisions des analystes pour les ventes de logements existants (+5.2%) ou encore les mises en chantier (685 000), ça devrait être le cas, ce qui devrait donc confirmer les propos du Beige Book de la Fed selon lequel la croissance américaine redémarre, mais lentement.
 

Perspectives pour l'EURUSD:
 

L'euro a créé la surprise cette semaine en entamant une belle phase de consolidation qui l'a conduit au-dessus de 1.28 à la faveur d'un chandelier d'avalement haussier perceptible en fin de semaine graphiquement. Les marchés ne devraient cependant pas donner un blanc-seing au couple franco-allemand pour résoudre la crise, ce qui devrait limiter les possibilités d'appréciation de la paire EURUSD qui pourrait butter à 1.2944 (plus haut du 5 janvier) mais surtout à 1.3083 (plus haut du 28 décembre).

Pour le moment, ce niveau reste infranchissable et, bien que l'euro se soit consolidé cette semaine, la tendance est toujours nettement baissière sur la paire, avec un support à 1.2588 (plus bas du 24 août 2010) qui pourrait être rapidement atteint en cas de mauvaises nouvelles pour l'Eurozone.