15019Les éléments clés

- Effacement d'une partie de la dette grecque réussie
- La parité euro/dollar toujours au-dessus de 1.32 ce matin
- Les cambistes dans l'attente du rapport mensuel sur l'emploi aux Etats-Unis
 
Les marchés financiers avaient largement anticipé le dénouement grec. Comme prévu, l'opération d'échange de dettes a été une réussite. Le gouvernement grec a confirmé avoir recueilli 83.5% d'acceptation de l'ensemble de ses créanciers privés pour une restructuration massive de son énorme dette souveraine. Ces derniers avaient jusqu'à jeudi 20H00 GMT pour dire s'ils acceptaient de participer à un échange d'obligations.
Cette opération doit permettre d'effacer plus de 100 milliards d'euros de la dette du pays et constituait une étape cruciale pour le déblocage d'un second plan d'aide internationale à Athènes, nécessaire pour lui éviter un défaut de paiement courant mars.
 
La Grèce a clairement réussi à éviter une « faillite incontrôlée ». Les difficultés du pays sont encore loin de disparaître, et ses objectifs de désendettement sur le long terme restent hautement improbables à réaliser, mais au moins le pays vient de remporter une victoire.
 
Pour autant, ce soulagement sur la Grèce n'estompe pas les vives inquiétudes sur la situation de la zone euro, et et le marché s'inquiète notamment que le précédent grec puisse ouvrir la voie à une restructuration de dette dans d'autres pays fragiles, comme le Portugal.
 
La réussite grec n'a pas provoqué de remous massifs sur le marché des changes puisque l'euro/dollar reste toujours au-dessus de 1.32, évoluant à la baisse ce matin. Cela signifie que la progression des derniers jours de l'euro est un peu arrivée à bout de souffle.
 
Quelques indicateurs macroéconomiques européens ont, aussi, été publiés ce matin, sans réel impact. Dès 8h00, l'Allemagne a dévoilé les chiffres de sa balance commerciale de janvier (14.2 MdsE d'excédent pour un consensus de +10.4 MdsE) et d'inflation de février, ressortie à +2.5%. De plus, la production industrielle française a progressé de 0.3% en janvier, selon les chiffres publiés par l'INSEE. Sur un an, la production industrielle est en baisse de -1.5% et la production manufacturière de -1.2%. Rien de très concluant pour les investisseurs.
 

Les prévisions du jour:

Maintenant que le chapitre grec est clos, un nouveau chapitre s'ouvre pour les marchés: celui de l'emploi et du chômage. Les investisseurs sont évidemment, comme toujours, prudents avant la publication du rapport mensuel sur l'emploi du Département du Travail à 14h30. Le consensus table sur un taux de chômage en février stable à 8.3% avec un consensus de 210 000 créations d'emplois non agricoles. Par ailleurs, les investisseurs regarderont aussi la balance commerciale de janvier (consensus -49 Mds$) qui sera suivie à 16h00 des stocks des grossistes de janvier (consensus +0,6%). Si le consensus s'avère vrai pour l'emploi américain, un léger rebond de l'euro pourrait avoir lieu mais, en raison des prises de bénéfices habituelles le vendredi, le potentiel haussier du cross EURUSD est très limité.