wall_street_2.jpgLes temps s'annoncent sombres sur le marché des changes, notamment pour le dollar. En effet, la semaine qui s'est écoulée a vu un assombrissement des perspectives économiques mondiales, l'accroissement des tensions géopolitiques dans le Golfe Persique et le retour de l'inflation au devant de la scène. Tout cela est évidemment corrélé.

En marge du sommet du G8 au Japon, le président Bush a réussi peut-être un miracle, vu à quel point il est marginalisé sur la scène politique américaine. En effet, répétant à deux reprises sa volonté d'avoir une politique du « dollar fort », il a permis à la surprise générale au dollar de retrouver quelques couleurs face aux autres devises. Certes, cet effet fut éphémère, cantonné au début de semaine. Cependant, un tel effet relève presque du miracle. En effet, l'administration Bush a répété depuis le début de l'année, à qui veut l'entendre, son soutien à une politique du « dollar fort » mais, même Henry Paulson n'a jamais réussi à en convaincre le marché des devises pour quelques heures. Bush, qui est vilipendé par son propre parti, pourra au moins afficher une réussite, anecdotique nous en convenons, sur le plan de la politique extérieure. Le marché a réagi positivement à ces deux annonces car il a interprété cela comme un signe fort, étant donné qu'elles eurent lieu en marge et durant le sommet du G8.

Pour conclure en beauté le sommet du G8, l'Iran a décidé de lancer un test de missile capable d'atteindre Israël et la flotte américaine. Cherchant le rapport de force, le régime de Téhéran a inquiété les marchés financiers en laissant planer le spectre d'une guerre avec Israël. Les scénarios catastrophes se sont succédés ces dernier jours laissant augurer une nouvelle hausse du prix du pétrole pouvant entretenir l'inflation et donc pénaliser la devise américaine sur le marché des changes.

Dans cette hypothèse, qui pourrait devenir un cas d'école, de nouvelles spéculations concernant un relèvement des taux de la BCE au cours de l'été ont ressurgi alors que Jean Claude Trichet avait réussi à apaiser le marché il y a quelques semaines.

Un tel contexte a concouru à la chute de Wall Street mercredi qui a pesé sur les perspectives économiques outre atlantique et par corollaire sur le taux de change du dollar.

Le dollar devrait de toute évidence connaître une semaine prochaine difficile avec l'annonce des résultats des principales banques américaines sur fond de détérioration de la confiance des investisseurs et des consommateurs. En effet, les inquiétudes s'amplifient concernant Fannie Mae et Freddie Mac. Le président Bush est d'ailleurs allé jusqu'à demander à un comité d'experts quelle attitude adopter en cas de faillite des deux sociétés ce qui a relancé à tout va les inquiétudes dans les milieux financiers.

Enfin, la Banque d'Angleterre a décidé comme prévu de laisser son taux directeur inchangé à 5%. Ce ne fut pas une surprise ce qui explique la relative stabilité de la livre sterling au lendemain de la décision du comité de politique monétaire. Il faudra par contre lire avec sérieux le compte rendu de la réunion qui devrait être rendu publique le 23 juillet. En effet, il devrait contenir des pistes significatives concernant les perspectives de politique monétaire au Royaume Uni.