tempete-xl.jpgLa devise américaine a connu une semaine très agitée sur le marché des changes. Le week-end dernier fut particulièrement chargé concernant les nouvelles provenant des Etats-Unis. En effet, la banque californienne IndyMac s'est mise sous tutelle fédérale en raison des contre coups de la crise des subprimes, faisant redouter de nouvelles faillites parmi les banques régionales américaines suite à des dépréciations d'actif. Une telle nouvelle pouvait faire redouter une chute importante du dollar à l'ouverture des marchés lundi mais elle n'a pas eu lieu, ou plutôt, elle fut repoussée à la faveur de l'intervention du Trésor américain, dans la droite ligne du sauvetage de la banque d'affaire Bear Stearns sous l'égide de la Réserve Fédérale. En effet, le gouvernement américain, inquiet de la tourmente boursière autour des géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, a décidé d'intervenir par le biais d'un plan de soutien.

Cependant, l'effet de cette annonce fut de courte durée car, dès mardi, les inquiétudes ont ressurgi avec vivacité sur le marché des devises. En effet, les investisseurs se sont rapidement interrogés sur les modalités de mise en œuvre de ce plan de soutien, sur fond de craintes persistantes concernant les résultats des principales banques américaines qui étaient attendus à partir de jeudi. Dans un tel contexte de craintes pesant sur le système financier américain, la monnaie unique européenne a connu un sursaut prévisible, en dépassant son dernier sommet historique du 22 avril dernier. Cette chute du dollar ne fut pas seulement face à l'euro mais également face aux autres devises, notamment le franc suisse et le yen qui était néanmoins pénalisé par la révision à la baisse des perspectives de croissance et la révision a contrario à la hausse des prévisions d'inflation pour l'Archipel.


Néanmoins, le dollar n'a pas tardé à se redresser, certes faiblement, à partir du milieu de semaine. En effet, grâce à un apaisement du prix du baril de pétrole et à l'annonce de nouvelles moins mauvaises que prévu concernant l'économie américaine, le dollar a repris quelques couleurs terminant la semaine en hausse face au yen, à l'euro, au franc suisse et à la lire sterling. Cette dernière est d'ailleurs retombée en dessous du seuil symbolique de deux dollars.

En effet, les résultats des principales banques américaines, notamment Citigroup et JPMorgan Chase, bien qu'ayant enregistré des pertes considérables, ont été meilleurs que prévu. De plus, le secteur de l'immobilier semble connaître un renouveau pour la première depuis l'été dernier. La conjonction de telles nouvelles a ainsi fait décrocher la paire euro/dollar de ses sommets.

Cependant, l'euro devrait rester à un niveau élevé encore pour longtemps en raison de la résurgence des pressions inflationnistes en France et Outre-Rhin. Pour autant, Jean Claude Trichet n'envisage pas pour le moment de nouveau relèvement de taux, considérant que le dernier en date devrait contenir l'inflation à court terme dans la zone euro.