Angela MerkelAlors que la zone euro s’enfonce chaque jour un peu plus dans la crise, les dirigeants européens se réunissent actuellement pour tenter de remédier aux maux dont souffre l’Union européenne, et le temps presse! L’Espagne et Chypre ont rejoint cette semaine le cercle des pays ayant fait appel à une aide financière, et les taux obligataires grimpent inlassablement sous la pression des marchés.

Quel bilan pour cette première journée?

De nouvelles déclarations, toujours peu de mesures concrètes et les bourses ne s’y trompent pas, puisque l’indice parisien clôture ce soir dans le rouge (-0.37%). Il faudra très certainement attendre la journée de demain pour que se dévoilent les premiers projets et qu’une véritable tendance se dégage.

Le président européen Herman Van Rompuy dans son discours d’ouverture a ainsi déclaré que les dirigeants européens allaient "s’entendre sur des mesures importantes pour la croissance et l’emploi", tout en soulignant que les Européens étaient "inquiets pour le présent et anxieux pour l’avenir". En effet, il y a de quoi être anxieux, et les sources d’inquiétudes ne manquent pas. Les pays membres ont donc cherché dès aujourd’hui à s’entendre sur les Unions monétaire et budgétaire. Unions nécessaires et urgentes si la zone euro souhaite éviter l’"effet domino" qui la menace comme le rappelle le Premier ministre belge Elio Di Rupo.

La priorité semble être donnée à la lutte contre l’emballement des taux obligataires des pays périphériques. Rappelons que le taux espagnol atteint aujourd’hui les 7%, un niveau insoutenable à terme. Et c’est désormais l’Italie qui craint d’être emportée à son tour dans la tourmente! Tant que les marchés ont des doutes, les taux ne diminueront pas, et pour lutter contre les doutes des marchés, les déclarations ne suffisent plus...

Les déclarations ne rassurent plus. Quelles solutions pour l'Europe?

Parmi les solutions envisagées, l’achat de dettes d’Etat par le Fonds européen de stabilité financière afin de faire diminuer la pression exercée par les marchés. Des sources européennes ont ainsi déclaré que des discussions étaient en cours, mais il faudra convaincre la chancelière allemande. De son coté, l’Italie a proposé que le Fonds de secours soit doté d’une licence bancaire afin de pouvoir emprunté auprès de la BCE. Mais là encore, l’Allemagne refuse cette mesure et plaide pour une surveillance financière fédérale. Enfin, le Premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, a proposé la création d’obligations securisées réservées aux établissement financiers et qui permettraient aux Etats les plus fortement endettés de bénéficier de taux moins élevés.

L’ensemble de ces points devraient être abordés lors du déjeuner de demain réservé aux dirigeants de la zone euro, mais la France, l’Italie, et l’Espagne auront fort à faire pour convaincre une Allemagne réticente.

Du coté des mesures concrètes, les Etats membres devraient adopter un pacte pour la croissance et l’emploi afin de consacrer 120 à 130 milliards d’euros (1% du budget européen) à des projets d’investissements d’avenir. L’Union monétaire et budgétaire prônée par Herman Van Rompuy devrait également être examinée, même si cette dernière ne naîtra pas en un jour...

Les projets et les déclarations de bonne volonté ne manquent pas, il faut désormais les incarner, c’est ce que tenteront de faire demain les dirigeants européens.