BCE sige_socialLes éléments Forex clés

• Plus bas d’une semaine pour l’EURUSD

• Mario Draghi ne volera pas au secours de l’Espagne sans contreparties

• L’indicateur de l’emploi américain attendu aujourd’hui

Tout comme son homologue américaine la veille, la BCE n’a annoncé hier aucune mesure immédiate de soutien à l’économie. Les investisseurs, qui s’attendaient à une injection de liquidités ou à une nouvelle baisse des taux directeurs, ont été très déçus par la décision de politique monétaire de la banque centrale.

Juste avant la conférence de presse, l’euro grimpait à 1.2345 dollar pour s’effondrer à 1.2210 dans l’heure suivante et atteindre 1.2154 à la clôture de Paris, soit une chute de près de 1.6% en quelques heures. L’euro atteignait ainsi son niveau le plus bas depuis la fameuse déclaration de Mario Draghi, affirmant que "la BCE ferait tout ce qui est en son pouvoir pour sauver l’euro".

La paire se stabilisait au cours de la nuit entre 1.217 et 1.218 et suit une tendance ascendante ce matin, passant au dessus de 1.22 dollar pour un euro. La monnaie unique devrait atteindre les 1.225 dollar dans la journée, une fois la déception provoquée par la décision de la Banque Centrale Européenne digérée.

Face à la devise nipponne, l’euro connaissait hier la même fluctuation. Après avoir grimpé jusqu’à 96.62 yens à la mi-journée, la monnaie européenne s’effondrait de 1.68% à 17h pour fleurter avec le plancher des 95 yens pour un euro. La paire EURJPY s’apprécie elle aussi en ce début de matinée et l’euro devrait se stabiliser aux alentours de 95.5 yens.

Mais qu’à donc dit Mario Draghi pour affoler ainsi les marchés et conduire toutes les places boursières majeures à la baisse?

Le Président de la BCE a simplement affirmé que l’institution ne procèderait pas d’elle-même au rachat des dettes souveraines sur le marché secondaire ; laissant ce rôle au Fond européen de stabilité. La banque centrale n’aidera les pays en difficulté avec leur dette souveraine qu’à la condition que ceux-ci en fassent directement la demande, ce qui implique qu’ils devront se plier à des "conditions strictes, une supervision européenne notamment".

Les taux d’emprunts à 10 ans de l’Italie et de l’Espagne s’envolaient à respectivement 6.34% et 7.2% suite à ces déclarations.

Une enquête publiée hier par Reuters montre que le consensus des économistes estime que la BCE commencera vraisemblablement à acheter des obligations souveraines italiennes et espagnoles en septembre, mois au cours duquel la BCE est également susceptible de ramener son taux de refinancement à un plus bas record de 0.5%.

Les cambistes seront attentifs aujourd’hui à la publication du taux de chômage de juillet aux Etats Unis, à 14h30. Attendu comme stable à 8.2%, cet indicateur donnera de nouveaux éléments afin d'anticiper, ou non, une prochaine intervention de la Réserve fédérale et surtout l'importance de celle-ci.

Un taux de chômage plus élevé qu’attendu pourra décider Ben Bernanke à sortir du statu quo de politique monétaire et à injecter des liquidités pour soutenir l’économie américaine.