euroland euroLes éléments forex clés

- Le Premier ministre espagnol Rajoy fournit des indications sur les mesures qui vont être mises en oeuvre pour réduire la dette du pays dans une interview

- La déclaration des ministres des Finances instille le dote sur le plan d'aide bancaire décidé en juin dernier

- Les actifs à risque sont encore en baisse, la dette des pays de l'UE au coeur des préoccupations

Le Premier ministre espagnol a fournit hier dans une interview accordée au Wall Street Journal des indications sur les mesures qui vont être mises en oeuvre pour réduire la dette du pays. Ces mesures devraient être intégralement dévoilées jeudi et incluraient la création d'une agence indépendante qui serait en charge de veiller au respect des objectifs budgétaires et la mise en place de restrictions concernant les départs à la retraite anticipés. L'Espagne n'a pas encore fait appel, rappelons-le, à l'aide de l'UE et du FMI et l'interview fournit ne donne aucune indication sur la volonté de Madrid de demander une aide extérieure. Par ailleurs, le Premier ministre s'est aussi exprimé au sujet des besoins du secteur bancaire espagnol, affirmant qu'il espère que l'audit qui sera dévoilé vendredi montrera que les besoins seront "loin en-dessous" du montant initialement évoqué de 100 milliards d'euros.

Pendant ce temps, la situation politique de l'Espagne a connu une forte dégradation. Les manifestations contre l'austérité se font de plus en plus nombreuses, notamment à Madrid, et une crise constitutionnelle est en train de voir le jour avec la Catalogne. Son puissant leader, Mr. Mas a annoncé des élections anticipées pour le 25 novembre, ce qui pourrait être l'occasion pour la région de proclamer son indépendance par rapport à Madrid. Des inquiétudes ont aussi émergé suite à des données montrant que l'Espagne sera incapable d'atteindre son objectif de déficit de 6.3% du PIB cette année.

Le secteur bancaire continue également d'éveiller les craintes des investisseurs. Un communiqué des ministres des Finances allemand, danois et finlandais laisse entendre une remise en cause de la part de certains pays membres de l'eurozone des décisions arrêtées en juin dernier concernant le secteur bancaire des pays en difficulté. Il avait alors été décidé de laisser le MES injecter directement du capital dans les banques, afin d'éviter un impact négatif sur la dette souveraine. Cependant, tant qu'un superviseur bancaire européen n'a pas été établi, le MES n'est en aucune façon autorisé à prêter aux gouvernements. De fait, le communiqué d'hier rappelait cet état de fait et rajoutait même des conditions plus sévères que celles décidées. En effet, les ministres des Finances ont souligné que les autorités nationales restent responsables des recapitalisations bancaires qui ont eu lieu avant que le MES ne soit formellement en mesure de recapitaliser directement les banques.

Dans ce contexte plutôt anxiogène, les actifs à risques ont évidement perdu sans surprise beaucoup de terrain hier, malgré une hausse de l'indice de confiance des consommateurs américains à 70.3 contre un consensus à 63.1. L'EURUSD s'est notamment enfoncé sous 1.29 ce matin.

Aujourd'hui, l'évolution des marchés financiers devrait peu changer par rapport à hier. Le calendrier économique est presque vide et les investisseurs vont certainement attendre afin d'avoir plus d'informations sur la situation des banques espagnoles et sur les nouvelles réformes qui vont être mises en oeuvre. Pendant la session américaine, il faudra toutefois faire attention aux ventes de logements neufs. Au regard des bonnes données du secteur immobilier la semaine dernière et de la hausse des prix des maisons hier, on peut s'attendre à ce que la tendance haussière se poursuive, ce qui serait une bonne nouvelle pour l'économie américaine.

Sur le marché des changes, l'inquiétude concernant l'activité économique est toujours palpable chez les cambistes ce qui pèse évidemment sur l'appétit au risque. Résultat, le dollar américain est en hausse ce matin face aux devises du G10. Pendant la nuit, la paire EURUSD a enfoncé le niveau de 1.29 et évolue désormais à ses plus bas niveaux depuis deux semaines. En l'absence de statistiques importantes et étant donné le climat sur les places financières, on peut s'attendre à ce que la baisse de l'euro se poursuive aujourd'hui.

Parmi les monnaies du g10, la plus forte chute est à attribuer au NZD qui a fortement chuté sur le forex après que les exportations de la Nouvelle-Zélande soient tombées à un plus bas de 19 mois en août. A l'heure où nous écrivons, le NZDUSD trade autour de 0.8190.