BCE europe_zone_euroCette semaine a été fortement marquée par une inquiétude généralisée quant à l’avenir de la zone euro. L’incertitude sur le devenir de l’Espagne et de la Grèce a pris le dessus sur l’optimisme des investisseurs face au rachat de dettes à court terme de la BCE. Le contexte de tensions sociales qui règne à Madrid et Athènes ne favorise en rien le regain de confiance des marchés, d’autant plus que l’Espagne n’a toujours pas demandé l’aide de la BCE ou celle des autres pays de la zone euro. Cependant, mardi, l’optimisme de Mario Draghi sur les mesures à venir en Europe a permis de rappeler aux marchés la volonté d’instaurer au plus vite une supervision bancaire. Ses propos se sont voulus rassurants, notamment avec une prévision de retour à la croissance en 2013.

Alors que la contestation sociale se s'est accentuée, l’Espagne, avec son taux de chômage avoisinant les 25%, a présenté jeudi un projet budgétaire de 2013 emprunt de rigueur et d’austérité. L’objectif majeur des réformes budgétaires réside dans une réduction du déficit à 3% en 2014 couplé à un regain de la confiance des marchés. Deux objectifs très optimistes compte tenu de l’hypothèse d’un retour à la croissance en 2013 et d’une production économique en baisse de 0.5% pour l'année prochaine. Autrement dit, le programme est basé sur une hypothèse irréaliste, rapprochant un peu plus l’Espagne d’un recours au plan de sauvetage.

En Europe, l’inquiétude qui pèse sur la zone euro s’est accrue avec la publication des chiffres du chômage français qui ont révélé une hausse de 9.2% sur un an depuis août 2011. A cela, on peut ajouter les mauvais chiffres allemands révélant une confiance des entrepreneurs bien en dessous des prévisions. De son côté, le taux d’emprunt espagnol a dépassé les 6% et pour ne rien arranger, Mario Rajoy a annoncé que les taux devraient rester élevés dans les prochaines semaines. Pour conclure cette semaine très agitée sur le continent européen, Moody’s menace d’abaisser dès ce soir la note souveraine de l’Espagne. Les investisseurs ont déjà compris qu’en temps de récession les interventions des banques centrales ne résolvaient en rien les problèmes de croissance. La crise en Europe est donc très loin d’être résolue.

Outre-Atlantique, les nouvelles sont plus encourageantes. Avec une hausse des prix de l’immobilier à 11% contre les 8% attendus et une hausse de l’indice des consommateurs américains à 70.3 contre les 63.2 prévus, les Etats-Unis ont pu souffler un peu en début de semaine. Les déclarations de Charles Plosser, président de la FED de Philadelphie et de Richard Fisher, président de la FED de Dallas, ont néanmoins perturbé les marchés. Tous deux ont émis des doutes quant à l’efficacité des mesures entreprises par la FED. Les prévisions de croissance des Etats-Unis sont revues à la baisse au second trimestre, passant de 1.7% à 1.3%.

Analyse technique

EURUSD: La monnaie unique a beaucoup souffert cette semaine de la situation dépeinte en Espagne. Elle s’est fortement rétractée face à la majorité de ses contreparties. L’optimisme de Mario Draghi n’a pas suffi à contrer le désintérêt des investisseurs pour l’euro qui traduit une aversion généralisée pour le risque. Avec une baisse de 0.93% sur l’ensemble de la semaine, l’EURUSD a enregistré un plus haut à 1.3048 lundi avant de commencer sa chute qui l’a porté à 1.2829 jeudi, le jour où les taux espagnols ont dépassé les 6% à 10 ans. Avec le nouveau programme budgétaire espagnol, l’orientation empruntée par l’euro devrait se poursuivre et le cours du dollar devrait continuer à profiter de la situation.

USDJPY: Le dollar et le yen ont tous deux profité de la situation en Europe cette semaine mais de ces deux valeurs refuges, c’est le yen qui a été la devise préférée des cambistes. Sur les cinq derniers jours, la valeur de la paire a perdu 0.51%. Le cours de l’USDJPY a fluctué entre un plus bas à 77.4250 aujourd’hui et un plus haut affiché lundi à 78.3650. L’incertitude économique qui règne en Europe a donc profité au yen qui s’est apprécié face à la majorité des devises. On peut expliquer la tendance par les chiffres américains très mitigés.